Performance
Sofia Teillet nous entraîne au coeur de la sexualité végétale

Sofia Teillet nous entraîne au coeur de la sexualité végétale

16 février 2021 | PAR Lise Ripoche

A l’occasion du festival Les Singulier.e.s, le 104 recevait la conférence (très) gesticulée de Sofia Teillet. C’est drôle, intelligent, à peine savant et très illustré, et surtout ça parle de ce sujet ô combien passionnant de la sexualité des plantes. 

 

Alors que les quelques professionnels autorisés s’installent dans une des salles du 104, Sofia Teillet se tient droite, avenante. On aurait presque l’impression d’être aux premières minutes d’une heure de cours, si ce n’est cette musique franchement ludique qui l’accompagne. Notre professeure pour une heure nous explique d’ailleurs qu’il s’agit de Plantasia, de Mort Garson, album conçu pour l’épanouissement des plantes d’intérieur. Le décor est planté; nous serons élèves ou orchidées, et Sofia Teillet sera notre pseudo-tuteur dans ce voyage au coeur de la sexualité végétale.

 

Où l’on apprend que les fleurs sont des sexes

A la fois ultra-commune et d’allure précieuse, l’orchidée est le point de départ de cette enquête passionnée dans laquelle nous entraîne Sofia Teillet. Volontiers vulgarisante, la conférencière nous relate son béguin soudain pour cette plante de mamies et les découvertes extra-ordinaires qu’ont accompagnées ses recherches approfondies (sur internet). Tout est parti d’un choc. Nous ne savons pas, ou alors peut-être ne voulons nous pas savoir, que depuis tout ce temps, (c’est-à-dire depuis nos cours de svt) d’évidence, ce qui constitue la fleur d’une plante est son sexe. Vertige de la connaissance, impression obscène de dévoiler pour la première fois cette réalité dans laquelle, ce qu’on offre à la Saint-Valentin ce sont des bouquets de sexes amputés, et que les rond-points sont des parterres de sexes. C’est le retour du refoulé. Cette première information transmise, Sofia Teillet nous embarque à sa suite dans les grandes profondeurs de notre existence, refait l’histoire de l’évolution, et nous explique la valse des bourdons. Chacun y joue son rôle, elle, tantôt conférencière avertie, tantôt cherchant à se glisser dans la psyché d’une plante, et nous, apprentis émerveillés, redécouvrant avec elles les merveilles de la nature.

 

Où l’on comprend (enfin) le chaos de l’évolution

Sans avoir l’air d’y toucher, accompagnée d’un power point tout droit sorti de nos meilleurs exposés de 6è, point par point, Sofia Teillet aborde et manipule avec subtilité les grandes théories de l’évolution. Elle nous remet à notre place (infime), et nous ouvre de nouvelles perspectives. Et si c’était l’orchidée, avec son être entier tendu vers la fécondation, qui avait eu raison de la grande machine évolutionniste? Et si c’était nous les animaux grossiers et éparpillés, qui pendions au bout de l’évolution feignant d’oublier que nous en dépendions ? Avec la virtuosité parfois surprenante des néophytes Sofia Teillet défriche les débats scientifiques millénaires, et nous invite à prendre du recul sur nos habitudes de pensées.  

 

crédit visuel: photographie du spectacle De la sexualité des orchidées de Sofia Teillet 

 

 

Deux univers se rencontrent : Uniqlo en collaboration avec le Louvre
Agenda cinéma de la semaine du 17 février
Lise Ripoche

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture