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« Se souvenir de l’avenir », l’espoir d’un 75e Festival d’Avignon

« Se souvenir de l’avenir », l’espoir d’un 75e Festival d’Avignon

24 mars 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

 

La 75e édition du Festival d’Avignon se tiendra, si tout va bien, du 5 au 25 juillet 2021. Le programme, placé sous le signe d’une renaissance (« Se souvenir de l’avenir »), a été dévoilé cet après-midi, lors d’une conférence de presse bien évidemment en ligne.

Vous le savez, la dernière édition avait été tout bonnement annulée et, en guise de consolation, une semaine d’art avait été organisée et avait pu, sur le fil, se tenir presque normalement. L’avenir est aujourd’hui très incertain, précise néanmoins Olivier Py.

« Le théâtre doit être populaire et ouvert à tous » (Vilar)

La conférence de presse s’est ouverte avec une prise de parole de l’association Avenir 84 qui a annoncé l’occupation de la FabricA, rejoignant le mouvement des occupations des théâtres (qui étaient 82 hier, 83 donc désormais). Les intermittentes ont déclaré « Rouvrir les lieux ne servira à rien sans droits sociaux ». La lutte est la même partout et désormais sur tout le territoire.

Françoise Nyssen, Présidente du Festival d’Avignon, a emboîté le pas en demandant une réouverture des lieux, tout comme la Maire d’Avignon, Cécile Helle. Roselyne Bachelot est apparue, déjà bien essoufflée et épuisée, dans une vidéo, tournée il y a une semaine, pour apporter son soutien au Festival alors qu’elle interdit depuis décembre aux lieux culturels de respirer. 

Une place forte donnée à la création dans des lieux renouvelés 

21 jours, 46 spectacles, en tout 150 propositions sur 40 lieux. Parmi ces lieux, la nouvelle Cour d’honneur, plus accessible, plus démocratique. Chaque fauteuil est différent et le confort visuel est partout le même. Le cloître et l’église des Célestins sont retrouvés, car rénovés.

En tout, ce seront 39 créations (82% des spectacles présentés). 46,5% de projets sont portés par des femmes, 42% de spectacles par des équipes étrangères. La jauge augmente, 131.500 entrées seront mises à la vente, soit plus de 20.000 qu’en 2019. 40.000 entrées seront libres. Le total s’élèvera donc à 175.500, si les jauges sont à 100%. Rien n’est sûr pour le moment, mais Olivier Py a annoncé qu’il ne concevait « pas d’annulation » du Festival. Pour le moment, le Festival travaille en étroite relation avec le Off et la Mairie pour penser des circulations du public compatibles avec la situation sanitaire.

« Se souvenir de l’avenir »

Des fidélités au théâtre

On le savait déjà, l’ouverture se fera avec deux grands retours dans un Tchekhov dans la Cour, totalement rénovée, avec Isabelle Huppert et Tiago Rodrigues à la mise en scène. Ce sera La Cerisaie, jusqu’au 17 juillet. Autres retours attendus, ceux de Angélica Liddell, Liebestod – El Olor a sangre no se me quita de los ojos – Juan Belmonte – Histoire(s) du théâtre III du 6 au 13, et de Maguy Marin, pour une création Y aller voir de plus près, du 7 au 15 à Benoit XII. Ce sera aussi le cas de Fabrice Murgia, découvert il y a fort longtemps, d’ailleurs, au Off d’Avignon ! Il présentera La dernière nuit du monde, le texte de Laurent Gaudé aux Célestins. Olivier Py se penchera sur Hamlet sous la forme d’un feuilleton à Ceccano. Nous sommes également ravis de retrouver Emma Dante pour deux spectacles de théâtre, Misericordia puis Pupo di zucchero, la festa dei morti ainsi que Alice Laloy que nous avons découvert cette année au Nouveau Théâtre de Montreuil avec sa version de Pinocchio. Le festival convoquera aussi ses fantômes, Vitez, Vilar et Char à plusieurs reprises.

Danse et performance bien en place

Théo Mercier qui signe la superbe affiche de cette édition occupera trois salles dans La Collection Lambert. Cette exposition sera accompagnée d’une performance de « science-fiction ». Bien évidement, nous suivrons, avec joie, Vive le sujet, la programmation de la SACD où Nach et Ruth Rosenthal, Julien Fanthou, David Wahl, Johanny Bert, Loïc Touzé (entre autres) prendront possession du jardin de la Vierge. Du côté des immenses attentes, il y a la pièce de Dimitris Papaioannou qui devait ouvrir la 74e édition. Ce sera finalement Ink, à la FabricA, un pas de deux qui s’annonce intense.  Autre retour, celui du collectif bruyant FC Bergman. Leur Sheep Song donne envie : « métissant esthétiques picturales et bestiaires médiévaux, cette fable sans paroles entraîne un mouton dans une odyssée extraordinaire », à suivre ! Nous sommes également ravis de retrouver Jan Martens dans un grand espace, celui de la Cour Saint Joseph avec Any attempt will end in crushed bodies and shattered bones, dont les gestes reprennent ceux des manifestations politiques. Mais aussi Mylène Benoit qui, elle, aussi aura la chance de diriger dans un lieu magnifique, au Cloître des Célestins, son Archée, une pièce sur un art martial féminin. Dans les fidélités, il faut bien sûr parler de Phia Menard qui présentera sa Trilogie des contes immoraux, un spectacle en trois actes, dont Maison Mère. Nous avons très envie de découvrir la danse rituelle de Koen Augustijnen et Rosalba Torres Guerrero pour Lamenta. La danse sera, comme le le veut donc le rituel, présente pour le deuxième spectacle dans la Cour où Marcos Morau, très rarement montré en France, proposera Sonoma, une pièce menée tambours battants.

 

Nous ne vous avons pas parlé des lectures du Musée Calvet ou de la Rue de Mons que nous aimons tant, ni des rencontres de l’ANR. Mais ne vous inquiétez pas, vous pouvez lire l’ensemble du programme ici.

 

Si tout va bien, la billetterie ouvrira le 5 juin.

Visuel à la Une : © Théo Mercier

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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