Spectacles

Riding on a cloud, le théâtre du vécu de Rabih et Yasser Mroué

Riding on a cloud, le théâtre du vécu de Rabih et Yasser Mroué

10 octobre 2014 | PAR Christophe Candoni

Au théâtre de la Cité internationale et dans le cadre du festival d’automne à Paris, Rabih Mroué invite son frère Yasser à livrer sur scène le témoignage frappant d’un épisode dramatique de sa vie et à reconstituer son histoire familiale liée à la guerre civile au Liban dans une performance aussi courte que dense, intime, sincère et antithéâtrale.

Rabih Mroué, est un artiste sans frontières ; qu’elles soient géographiques ou bien esthétiques. Avec Riding on a cloud,  il signe le texte et la mise en scène d’un spectacle à la croisée de la fiction et de la réalité, du théâtre, de la performance et des arts visuels contemporains. Une table, une chaise, un écran. La forme est la plus élémentaire qui soit. Le spectacle se présente comme un cours magistral ou une conférence qui voisine avec le documentaire malgré la précaution inutilement prise par Yasser qui affirme que ce n’est pas totalement de lui dont il s’agit alors que l’angle de vue choisi est assumé comme totalement subjectif. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de la proposition artistique que de combiner le personnel et le politique. Des textes sont projetés ou enregistrés, des images apparaissent en arrière-plan, ce sont des photos de famille en noir et blanc ou des vidéos personnelles comme la fête de son mariage avec sa femme. D’une image à l’autre, Yasser retrace sa propre histoire dont il a perdu connaissance après avoir reçu en pleine tête une balle tirée par un sniper à l’âge de 17 ans. Amnésique et sans mots, il raconte ce qu’il a dû réapprendre du langage et de sa propre vie, pour finalement parvenir à recomposer ses souvenirs tronqués ou disparus.

On aurait pu concevoir un traitement plus empathique, moins distant de cette parole livrée comme un témoignage. « Je ne veux pas que les gens soient dans l’émotion » écrit Rabih Mroué qui préfère développer un théâtre d’idées et de questionnements. Une juste sensibilité ne l’aurait sûrement pas parasité. Toutefois, rien n’empêchera  le spectateur d’être touché pendant la pièce et surtout lors d’une dernière séquence plus tendre où les deux frères se retrouvent autour de quelques accords de guitare.

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