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[Rencontre] Nicolas Rey et Mathieu Saïkaly : la parenthèse enchantée

[Rencontre] Nicolas Rey et Mathieu Saïkaly : la parenthèse enchantée

23 octobre 2014 | PAR Megane Mahieu

Nous avions assisté, très émus, à leur lecture musicale. Pour l’occasion nous avons rencontré les deux protagonistes de cette aventure. Une rencontre aussi inattendue que celle qui a unie ceux qui se surnomment « les garçons manqués ». 

C’est Nicolas Rey qui nous accueille, bienveillant, pour cet entretien qui déborde rapidement en conversation informelle où nous glanerons les informations comme on ouvre une malle au trésor bordélique. Digressions et allers-retours : de la loge à un snack, l’auteur d’Un début prometteur annonce là la couleur et nous balade, ému et attentif au retour qu’il a eu de la première du spectacle : « C’était vraiment inattendu. La rencontre avec Mathieu, le montage du projet, et sa programmation. Tout s’est fait très rapidement. »

A l’origine du projet, il y a eu une nuit blanche. Pas une à se retourner dans son lit, mais une bien entourée dans les Studio de France Inter au mois de mars dernier. Nicolas Rey y avait fait quelques lectures, sous les hospices d’une nuit consacrée à l’écrivain Philippe Dijan et orchestrée par Pascale Clark : « Après les lectures, François Morel (ndrl : chroniqueur à France Inter) m’a poussé à continuer. Il me fallait un accompagnement guitare-voix, et j’avais très peu de temps pour le trouver. Ce sont mes proches qui m’ont soufflé à l’oreille le nom de Mathieu. Ils étaient fans de lui après ses prestations de la Nouvelle Star. Moi je n’y connaissais rien, et je pensais que Mathieu, en plein battage médiatique, n’accepterait jamais. Ce fut tout le contraire. Et j’ai très vite aimé ce garçon. Je pense qu’il m’a très vite aimé en retour. » Cela aurait pu vite être oublié, les lectures musicales n’étant pas très vendeuses. Pourtant le directeur de la Maison de la Poésie est vite saisi par la beauté du geste. Quelque chose nous dit qu’il a eu raison. En quelques heures, l’affaire fut bouclée. Photographies, textes de présentations et ligne directrice présentés, il n’y avait plus qu’à se lancer.

Nicolas Rey a la voix tremblante, à la lisière des larmes parfois. Il nous propose d’assister aux répétitions : le spectacle se joue dans une heure. Mathieu Saïkaly, nous rejoint rapidement, fort d’une fougue juvénile. Affublé d’un étrange pantalon bicolore, le musicien murmure à l’oreille de sa guitare qu’il manipule précautionneusement. Entre Rey et Saïkaly, l’alchimie est palpable, attendrissante. Ici, dans le calme feutré de la loge, la frontière entre la fiction et la réalité s’amenuise : aucun doute, les aphorismes et les drôles de surnoms qu’affuble Nicolas Rey à son benjamin font écho à une tendresse réelle. Derniers préparatifs, derniers réglages. Mathieu Saïkaly répond positivement aux attentes de son partenaire de scène, et fait force  propositions tout en restant attentif à notre confort.

Il est toujours troublant de voir des artistes à l’oeuvre. Comment écrit Nicolas Rey ? On l’imagine dans un bureau empli de livres et de fumées de cigarettes. Où s’entraîne Mathieu Saïkaly ? Peut-être une chambre, entouré des CD qui font son bagage musical. Nous n’aurons pas la réponse, préférant se laisser enivrer par cet échange littéraire et musical, où la rigueur fait place à l’instinct. Parfois, même lorsque c’est notre rôle, il faut savoir se taire.

Visuel : ©France Inter

« Et vivre était sublime », à la Maison de la Poésie. Dates et réservations ici.

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Megane Mahieu

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