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Rembobiner les années 70 de Carole Roussopoulos

Rembobiner les années 70 de Carole Roussopoulos

07 octobre 2022 | PAR Julie Viers

Rembobiner le fil de l’histoire avec le collectif Marthe. Au théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet le temps d’une heure nous traversons les années 70 à travers le regard de Carole Roussopoulos. Grâce à sa caméra portative, le portapak, elle filme toutes les luttes sociales de ces années là. Ce spectacle pédagogique est à la fois le portrait d’une femme engagée et d’une France en mouvement.

Rembobiner la vidéo, portrait de Carole Roussopoulos 

Après Tiens ta garde, le collectif Marthe nous propose une nouvelle pièce féministe. Face au public les deux actrices nous présentent à tour de rôle la cinéaste suisse. Elles se passent la parole comme Carole Roussopoulos passer des informations, des idées à travers ses vidéos militantes. Tout au long de sa vie, elle a réalisé près de 120 documentaires que ça soit pour le collectif Vidéo Out ou pour Les Insoumuses. Les deux comédiennes rembobinent la pellicule pour jouer face au public certaines scènes filmées par Carole. Elles se griment, enfilent de nouveaux vêtements, des accessoires divers et variés, changent de voix. Elles font apparaître devant nous de nombreux personnages filmés par la cinéaste durant les années 70. Nous ne verrons jamais les documentaires, conservés par le Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir, mais nous en entendrons des extraits sonores. 

Rembobiner le temps, plongée dans les années 70

À travers le portrait de Carole Roussopoulos, c’est un tableau de la France des années 70 qui est mis en scène. La cinéaste, avec son portapak, est de toutes les luttes sociales. Rembobiner retrace le fil de ces années de révoltes. Il est donc question de la grande grève des ouvrières de Lip, du MLF, de l’AG du F.H.A.R., le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire, des gazolines, des grèves des assistantes maternelles, des agricultrices, des travailleuses de la mer, de la lutte pour le droit à l’avortement. Certains spectateurs replongent dans leur souvenirs de jeunesse, dans les histoires de leurs parents ou alors découvrent un petit bout de l’histoire de France de manière ludique, innovante et pleine d’humour. 

Rembobiner le spectacle, déjà envie d’y retourner 

Dans la petite salle Christian-Bernard du théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet nous étions proche de la scène, proche des actrices. Elles s’adressaient à nous comme un professeur à l’école. Mais rien de rébarbatif, rien d’ennuyant. Bien au contraire l’histoire, avec un grand h, se jouait devant nous, tous les personnages se succédaient. Pour bien comprendre les événements des transparents étaient affichés à l’aide d’un rétroprojecteur, so années 70 ! Sur ces derniers des dessins, des textes et mêmes des photographies. Parfois le spectacle avait quelques longueurs mais l’ambiance est là. Le décor, de la chaise à la lampe en passant par les vêtements, était évidement typique de ces années là. Il était minimaliste, fait de bric et de broc, de manière artisanale. Nous n’étions pas à Broadway, mais bien en France dans les années 70. À la radio passait Colette Magny et son tube Melocoton. Dans la salle nous avons ri et beaucoup appris ! 

 

Visuel : @Giulia Ceccarelli 

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