Danse
Portrait dansant d’Elisabeth Chojnacka par Jan Martens

Portrait dansant d’Elisabeth Chojnacka par Jan Martens

05 juillet 2022 | PAR Marguerite Delevingne

La première du spectacle Elisabeth Gets Her Way de Jan Martens s’est tenu lundi 4 juillet au théâtre des Abesses. Une démonstration de grâce.

Jan Martens est déjà sur scène alors que les spectateurs continuent de rentrer dans la salle. Vêtu d’un sweat et d’un jogging, il en profite pour s’étirer. Sur scène, presque rien si ce n’est une penderie dans un coin où pendent 6 tenues. Au fond de la scène un écran qui affiche une phrase : « le Portrait d’Elisabeth Chojnacka en sept danses et bien plus… ». Elisabeth Chojnacka est une très grande claveciniste polonaise des années 70-80. Elle a passé la majeure partie de sa vie à Paris. Elle a donné un nouveau souffle à cet instrument trop souvent considéré comme viellot.

Un portrait en sept danses

En effet, comme nous l’annonce cette phrase sur l’écran, le spectacle est divisé en sept danses très distinctes accompagnées de clavecin. Chaque danse est séparée par des vidéos d’archives : des journalistes, musiciens, spécialiste qui parlent du travail d’Elisabeth Chojnacka. D’autres archives sont des vidéos de la claveciniste qui parle de son travail et des personnes avec qui elle a travaillé. À chaque nouvelle danse, son costume. Ils sont très différents, de la robe col roulé volante à un ensemble rouge en passant par le nu complet. Les costumes reflètent bien les ambiances distinctes de chaque danse et de chaque morceau de musique.

L’idée d’utiliser la danse pour faire un portrait est très en vue en ce moment dans le monde de la danse contemporaine. Le festival Montpellier Danse de cette année s’est clôturé avec l’auto portrait de Muriel Boulay, Danseuse. Lorsqu’on parle de portrait en danse contemporaine on peut aussi à Jérôme Bel, notamment son portrait de la chorégraphe Isadora Duncan.

Une démonstration de grâce

Cette performance solo de Jan Martens est impressionnante. Il donne tellement de lui-même qu’on a parfois l’impression qu’il est possédé par la musique. En le regardant on se demande si c’est la danse contemporaine qui donne une nouvelle sonorité au clavecin ou si c’est le clavecin qui donne un nouveau rythme à la danse contemporaine. Chaque danse est très différente, la première danse se rapproche de la danse classique, ce qui n’est pas surprenant quand on entend du clavecin, mais là où on est vraiment surpris c’est quand on observe une chorégraphie qui se rapproche du hip-hop sur une musique aussi classique. Il faut dire que le clavecin joué par d’Elisabeth Chojnacka n’a rien à voir avec ce qu’on peut connaître du clavecin.

La lumière a un rôle très important. Une danse peut-être presque dans un noir total, l’autre avec une lumière parfois aveuglante, ou encore avec un éclairage qui donne l’impression de voir une ombre danser et non un homme. Toutes les parties du corps sont mises en avant à un moment un autre du spectacle mais jamais en même temps.

Elisabeth Gets Her Way est une parenthèse enchantée à découvrir jusqu’au 13 juillet au Théâtre des Abesses.

Jan Martens est à retrouver au Festival d’Avignon : il est l’invité d’honneur de la Cour d’honneur avec son nouveau spectacle Futur proche.

Informations et Réservations, ici.

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Marguerite Delevingne

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