Performance

Vortex, la troublante métamorphose plastique de Phia Menard

Vortex, la troublante métamorphose plastique de Phia Menard

22 mai 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

[rating=4]


Il/elle est un bonhomme Bibendum, une caricature d’homme invisible obèse. Il/elle découpe les sacs plastiques comme le chirurgien d’un coup de ciseau libère les bandages. Phia Menard est transsexuelle, elle est une magnifique femme, et elle se raconte dans Vortex, un spectacle qui vous fait entrer dans l’œil du cyclone de la transformation.

Impalpable est ce spectacle, tout comme l’air que le personnage manipule dans ce cirque, qui, met autour de lui un proche public. Le personnage ? Ils seront bientôt des dizaines, d’abord petits sacs plastiques colorés, devenant ballerines dans une chorégraphie époustouflante seulement dirigée par les courants d’air que dessinent les ventilateurs placés tout autour du plateau. Doucement, lui deviendra elle, en procédant à une mue fantasmagorique, troublante, écœurante, fascinante.

Vortex est l’histoire d’une mutation. Elle, engoncée dans un costard prêt à l’explosion, symbole iconique d’une masculinité qui la déborde. Elle qui violemment se bat avec le vent qui fait danser ses exuvies successives, elle qui devra accoucher d’elle-même dans un tourbillon de polyéthylène.

Vortex est l’une des faces d’un retable performatif qui comporte aussi la V1 de l’après midi d’un Foehn  et L’après midi d’un Foehn. Tous s’inscrivent dans le projet ICE, Injonglabilité Complémentaire des Eléments.  Les balles de jongleurs sont des sacs qui savent prendre leur place dans la benne à ordure, lieu de transport vers une autre transformation.

Phia Menard parvient à effectuer des douces transitions qui permettent au public d’entrer pleinement dans sa proposition. Entre la première scène, qui pourrait être celle d’un spectacle jeune public, et la dernière qui nous impose, consentante victime, la vue d’une peau qui est arrachée, la bulle se fera tendre et rose, accueillante et en accord. Philippe Menard n’hésite plus, assume son nom, son corps et ses longs cheveux. Phia est belle.

Au Monfort jusqu’au 8 juin et au 104 du 11 au 15 juin.

Infos pratiques

Dramaticules
Tanit Théâtre
theatre_silvia_monfort

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