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La tentation SM de Thibaud Croisy au Festival Sors de ce corps

La tentation SM de Thibaud Croisy au Festival Sors de ce corps

07 février 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Disons qu’ils s’y sont mis à plusieurs pour nous faire entendre ce Témoignage d’un homme qui n’avait pas envie d’un castrer un autre. Les festivals faits d’Hiver et Sors de ce corps – présenté dans le cadre de la Biennale Nemo, à la Gaité Lyrique- ensemble, pour une écoute très particulière de la dernière expérience de Thibaud Croisy. Attention, ça claque.

[rating=4]

Thiibaud Croisy est un performeur que l’on adore à la rédaction. On se souvient encore de ses rêves érotiques qui avaient pour objet de fantasme Fleur Pellerin et de sa quête originelle pour La Prophétie des Lilas. Pour Témoignage d’un homme qui n’avait pas envie d’en castrer un autre, il nous invite à nous allonger dans la grande salle de la Gaité Lyrique, vidée et tapissée d’une épaisse moquette. Dans le coin, un thermos de thé est à disposition. On se place en position plage, on matte le plafond. Cela vaut le coup de mater le plafond car Philippe Gladieux s’est chargé de faire osciller la lumière, des pleins feux à l’obscurité ( sans atteindre le noir total). C’est cosy en quelque sorte.

Il s’agit d’une pièce sonore, sans humain autre que le public vautré. Pendant 2H30 nous allons écouter subjugués ce témoignage. Pendant trois jours non consécutifs, Croisy a enregistré la parole de C., maître SM. 2H30 c’est long et c’est le temps qu’il faut pour entrer dans le trip de cet inspecteur gadget légèrement violent. Un peu à la façon des tutos beauté de Kim Kardashian, vous saurez tout des différentes façons de ligoter une paire de couilles avec la bonne attache. Il faut savoir être précis. La voix de C est grave, douce, perverse. Il fait un peu peur, surtout quand il s’agit d’insérer des objets iconoclastes dans des endroits du corps encore plus iconoclastes.

La tension dramatique est totale, la pression monte dans la salle au fur et à mesure que l’on comprend que la maison de C doit ressembler à celle de la Famille Addams. On est inquiets pour notre performeur qui sera tenté en même temps que paniqué par l’idée de jouer les soumis sous les ordres du très expert C.

Il s’agit là d’un témoignage documentaire complètement fou sur des pratiques sexuelles assez étonnantes. Vous pensiez savoir deux trois trucs sur les relations entre le plaisir et la douleur ? Vous vous sentirez nonne (ou curé) et pucelle (ou puceau) pendant un peu moins de trois heures.

Troublant non ?

L’excellent festival Sors de ce Corps continue, à la Gaité Lyrique, jusqu’au 11 février.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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