Performance

Radio Live, les mères sont toutes les mêmes à la Maison des Métallos

Radio Live, les mères sont toutes les mêmes à la Maison des Métallos

27 juin 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Depuis 2013, Aurélie Charon et Caroline Gillet ont fait le (presque) tour du monde pour récolter des voix qui le temps d’une longue soirée prennent corps.

C’est de la radio, mais pour de faux. Une table ronde et des micros, une horloge rouge qui égraine les secondes, le nom de la station en rouge aussi « Radio Live » posée au sol. Et une régie, forcément, tenue par Amélie Bonnin.

C’est pour de faux car ce n’est pas diffusé à la radio mais en vrai, en live sur la scène de la Maison des Métallos. Aurélie et Caroline mènent le jeu et les invités eux, s’y prêtent sans avoir rien préparé .

« Les enfants c’est exigeant »

Le sujet de l’émission du soir est « que nous ont transmis nos parents ? ». Que l’on soit né dans un village d’Inde, avec le statut d’Intouchable ou dans un hameau au Sénégal, la réponse est la même : juste quelqu’un de bien comme chantait l’autre, mais aussi quelqu’un de libre.

Deux grands entretiens sont le cœur de cette performance. On écoute Sumeet Samos, né à Koraput en Indes. Le gamin a grandi au fond de la classe avec l’idée que ses pas souillent le sol. Alors , il s’est barré, a appris l’anglais, et allé à la fac balance des raps politiques. Proche de sa maman, il glisse qu’elle ne comprend pas tout, elle qui ne se représente pas ce qu’une ville veut dire. Sylvie Loucard a 20 ans et a grandi à Kolda, à un jour de bus de Dakar où elle étudie. Elle est reliée à sa maman par téléphone en continu.

Comme à la radio il faut des intermèdes musicaux et ce soir c’est Dom La Nena qui derrière son violoncelle amène de la douceur.

Radio Live est une expérience sensible qui ne cache pas sa portée intime et émotionnelle. A mi-chemin entre le reportage et les soirées confidences au coin du feu, la proposition nous saisit à vif et nous impose de réfléchir à notre statut d’enfant et de parent.

La leçon est que de façon mondiale ce n’est simple pour personne.

Radio Live ne ment pas et annonce la couleur : « On ne va pas faire de grand discours, on ne va pas tomber d’accord sur tout, mais au moins on se sera parlé »

C’est exactement cela qui se passe pendant presque 2h30, comme un grand verre avec ses vieux potes où parfois on pleure, de rire comme de nostalgie.

Radio Live dresse un portrait non pas de la jeunesse, mais bien de l’humanité, en toute simplicité.

Visuel : © Amélie Bonnin

La série « Falling Water » en Blu-Ray : un thriller fantastique sobre et humain, à voir
Le 13e Festival Pianissimes : Jeunes talents et récital de Jean-Marc Luisada
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *