Performance
Les rencontres internationales Paris/Berlin s’ouvrent sur les « Mythologies contemporaines »

Les rencontres internationales Paris/Berlin s’ouvrent sur les « Mythologies contemporaines »

06 mars 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Pendant cinq jours, le meilleur du nouveau cinéma est à Paris. Des artistes venant du monde entier se rassemblent aux Rencontres Paris/Berlin qui se déroulent jusqu’au 10 mars. Hier, la salle 500 du Forum des Images a ouvert un bal très expérimental.

La séance d’ouverture faisait suite à un « drink » devant la salle, où grouillait litteralement tout ce que le monde qui vit au croisement du cinéma et de l’art contemporain compte. Et c’est donc naturellement en présence des artistes que la soirée a été lancée. 

Cinq courts métrages allant de 2 à 28 minutes viennent explorer l’absurdité de notre monde actuel.  La voiture, le capitalisme, l’écologie, le selfie sont autant de thèmes qui surgissent dans ces pièces tournées en  HDV ou 4K. 

Tout commence avec la première vidéo du collectif taïwanais et thaïlandais- GMGS. Hello Brother est extrêmement étrange et nous transporte réellement sur une barque qui semble être menée par des fantômes. En résulte un drôle de portrait de la Thaïlande.  Sans transition, on passe à notre coup de cœur de la soirée. Amore Brucio par Zapruder filmmakersgroup : Phoenix.  Masqués en James Dean des hommes cherchent à faire démarrer une voiture attachée à un épais mur. Impossible bien sûr, n’est pas Hercule qui veut. Mais la fureur de vivre est intacte et se mêle à l’épaisse fumée qui viendra tout envahir. Ce groupe de recherche italien est proche du théâtre et collabore notamment avec Roméo Castelluci.

Ce qui est pertinent dans la sélection présentée hier c’est le côté performatif des oeuvres. La vidéo est très souvent utilisée dans le théâtre contemporain. Ici elle est vivante malgré la caméra.

On retient également le délirant projet des bruxellois  Vermeir & Heiremans. A Modest proposal est une solution pour sortir (un peu) de la dette grâce à une location partagée des lieux culturels qui financerait l’achat d’œuvres ou l’extension d’un musée… Là nous sommes vraiment au théâtre. Dans un presque huis-clos. Nous sommes dans une jolie maison ouverte qui donne sur un environnement industriel. Un avocat et son assistante ( très flippante et très curieuse) discutent avec les artistes de plus en plus dépossédés de leur villa. L’idée est belle : Paris, Berlin et Londres sont des capitales culturelles, la culture est donc un bien capitaliste qu’il faut valoriser. Que les dieux des finances les entendent !

Le festival se prolonge jusqu’au 10 avec le 10 justement, à 18H30, un concert de Michael Snow au Centre Pompidou. A 20h, dans l’auditorium du Louvre aura lieu une performance multimédia de Thomas Köner. Tout le riche programme est à découvrir ici, et tout est en accès libre.

Visuel : Vermeir & Heiremans, A Modest Proposal (in a Black Box), 2018. Video still. Courtesy the artists

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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