Performance

[Festival d’Avignon] Percutant programme C du Sujet à Vif

[Festival d’Avignon] Percutant programme C du Sujet à Vif

18 juillet 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Les sujets à vif continuent de créer d’impromptues rencontres. Vous le savez peut-être, ce programme qui existe depuis 1997 propose à deux artistes qui ne travaillent pas habituellement ensemble de prendre possession de l’adorable plateau du Jardin de la Vierge Saint Joseph.



Programme C- 11h

« Il se trouve que les oreilles n’ont pas de paupières », une commande à Benjamin Dupé, Pierre Baux et Garth Knox.

Deux hommes sont sur scène, l’un est violoniste, l’autre acteur. Un chaise et des métronomes présentés comme une sculpture sont le seul décor. Pierre Baux va interpréter un texte d’après La haine de la musique de Pascal Quignard (Calmann-Levy, 1996)
Les mots prononcés par Pierre Baux se trouvent impactés dans le violon de Garth Knox qui sera amplifié, accompagné.
Le texte est un discours sur le son : « le son est un viol » nous dit-il, dans ce monde d’aprés, dans le monde où la musique aurait disparue. Mais alors, comment nommer le silence,quel est cet espace entre le « tic-tac » ? Le jeu de Pierre Baux est impeccable, saisissant à pleine voix ce discours fou et paranoïaque qui cherche le son partout.
On rit, on s’inquiète, on se perd, comme quand on entre dans une lente mélodie. La violence surgit et on se réveille d’un coup : mais non, tout cela ne se passe pas, la musique ne mourra pas.
La performance est étonnante, virtuose dans le discours et son interprétation.

« Buffet à vif », une commande à Pierre Meunier et Raphaël Cottin.
On a quitté Raphaël Cottin élégant dans Lied Ballet de Thomas Lebrun, on le retrouve ici dans une perf démente qui invite Serge Lama pour Les petites femmes de Pigalle ou Parole Parole de Dalida. Pierre Meunier et Raphaël Cottin sont ici de drôles de déménageurs qui vouent un culte assez violent aux buffets de grands-mères.
Que signifie détruire jusqu’à la satisfaction ultime ? Ici, le passé est balayé à la hache, les musiques qui sont ressassées, témoins d’un temps révolu qui nous place dans une nostalgie qui s’inscrit dans le présent même.
Ce sujet là percute bien comme il faut et avec la distance et le rire nécessaire. En un mot, c’est l’éclate !

Le dossier Festival d’Avignon 2014 de la rédaction

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