Performance

Et tous, posons nos yeux sur Teresa Vittucci

Et tous, posons nos yeux sur Teresa Vittucci

27 février 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

A l’occasion du dernier festival Faits d’Hiver, la performeuse suisse avait laissé une forte impression sur le public. Le CCS l’invite à nouveau à montrer son travail. All eyes On nous pose une fois plus dans les yeux voyeurs de la plurielle Teresa.

La dernière fois, avec Hate me tender, elle interrogeait la figure de la Vierge Marie et de la notion d’hymen. Pour All eyes on, pièce datée de 2017, nous la retrouvons bien plus vêtue (pour le moment!). Elle porte un pull rouge et en dessous, un body blanc en dentelle. La pièce se joue en trois espaces : le plateau tout en miroir et en piédestal, un écran sur lequel on voit dérouler un chat, et un autre écran qui montre ce que les internautes voient.

Ce que vient dire Vittucci c’est que tout est une question de point de vue. Eux voit un cul proprement, nous voyons une femme au cœur fermé pour travaux. La pièce est autant kitsch que chic, autant belle que trash. Elle convoque des chansons d’amour et de rupture ( Adele, « Someone Like You ») et les rêves de petites filles (« A Whole New World »-Aladdin). Les chansons pop ont toujours la même et belle fonction dans les spectacles : faire passer la douleur avec humour.

Il y a du pathétique à se mettre en scène devant un écran, soumise aux commentaires différents chaque soir. Il y a l’autre côté du miroir aussi, celui sur lequel elle évolue, comme un podium, et cet autre côté est la domination. Eux ne savent pas qu’ils sont diffusés en direct. Ils ne voient pas le public. 

Teresa Vittucci raconte comment son père cherchait à la faire taire, et elle chante d’autant plus fort (et plus juste). On ne peut que la remercier de se monter au monde et de faire de l’intime une place publique. Nous sommes chez elle à ce moment-là, celui du temps de la représentation. Tout est autorisé, pleurer seule, se masturber seule, se décongeler un plat et le manger seule. Teresa est hors normes et elle défait les lignes. Elle est définitivement une diva et la scène est son espace. A suivre de très près. Et justement, ce samedi, le Centre Culturel Suisse l’a invitée à penser une Carte Blanche, « un programme autour d’un nouveau féminisme, du corps, de sa sexualité et de sa dimension politique et géographique. Une carte blanche que Teresa Vittucci a choisi d’intituler SHAMELESS et qui réunit plusieurs intervenantes autour d’ateliers, performance, table ronde et concert. » Tout le programme de la journée est ici.

Visuel : ©Nelly Rodrigues

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