Performance
Avignon OFF : Opa, les versions de Mélina Martin

Avignon OFF : Opa, les versions de Mélina Martin

23 juillet 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Programmée au Off d’Avignon dans le cadre de la Sélection suisse, la jeune artiste Mélina Martin présente OPA, une réflexion performée sur le paraître qui a été repérée par le prix Premio en 2017. 

Elle arrive sur pointes et traverse le plateau intime du Train Bleu. Elle est LA ballerine et on le sent bien, elle ne va pas en rester là. Elle ne va pas se réduire à cette vision d’une poupée fragile.

Elle va, à l’aide de son corps, deux chaises et quelques habits, donner des images, et donner des versions d’elle. Elle devient Hélène de Troie et raconte le début de l’histoire sous différents points de vue :

V1 : Hélène est violée et capturée par Paris.

V2 : Hélène tombe amoureuse et suit, consentante, Paris dans son voyage.

On a toutes et tous envie de la V2, mais quelque chose nous dit que malheureusement c’est la V1 qui est la réalité et que chez Mélina Martin la violence se cache derrière un grand sourire.

Avec OPA, elle tente de faire d’Hélène une femme contemporaine et fusionne avec elle. Elle se demande ce que le mythe garde des vies des héroïnes, et ça c’est génial. Mais, le spectacle souffre de quelques failles dans sa dramaturgie. Pour pallier cela, Mélina Martin cherche un peu trop l’appui du public en le sollicitant. Néanmoins, OPA doit être vu car c’est l’occasion de découvrir la présence scénique de cette artiste qui sait offrir des images très personnelles.

Nous la retrouverons en mariée, robe trop étroite, toujours sur pointes, et le geste est merveilleux. Il y a tout là dedans : la contrainte, la beauté, la gêne et bien sûr la soumission. C’est là qu’elle excelle, dans sa façon de se mettre en scène, car justement, pour OPA, elle a écrit et mis en scène. Il est évident qu’avec un tiers, son travail va prendre une ampleur folle. Il faut  retenir son nom : Mélina Martin.

Jusqu’au 26 juillet à 18 h 35 au Train Bleu. Durée 1h.

Visuel : Sébastien Monachon

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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