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Au beau milieu de la forêt, du collectif Les Possédés au Montfort

Au beau milieu de la forêt, du collectif Les Possédés au Montfort

22 mai 2014 | PAR Camille Lucile Clerchon

Du 13 au 17 mai, le Collectif Les possédés a présenté Au beau milieu de la forêt au théâtre Le Monfort. Première pièce écrite et montée par Katja hunsinger, Au beau milieu de la forêt est un huis clos décalé en pleine nature qui fouille sans concession dans la substance des relations filiales, dans la poésie souvent cruelle des histoires familiales.


Le fils Baptiste revient vivre avec sa femme Rose dans la maison familiale habitée par son père et sa mère. Située en pleine forêt, la propriété est telle un vivarium onirique et baignée de soleil. Nous y observons les relations complexes qui existent et se tissent entre chacun des cohabitants dans leurs différents rôles d’épouse et époux, mère et père, belle-mère et beau-père, fils et époux, belle-fille et épouse.

La pièce se construit, plus que sur la force d’une trame narrative, sur une déclinaison des interactions entre ces différents rôles, qui, au fur et à mesure qu’ils sont endossés par les personnages, leur donnent à chacun une densité passionnante servie par un jeu légèrement distancié des acteurs, tous remarquables.
Jalousie, manipulation, désir, jusqu’à l’inceste sont autant de remontées acides surgies des entrailles du passé qui viennent alourdir encore la torpeur des jours bucoliques au cœur de la forêt, tandis qu’un loup rôde en permanence autour de la maison.
L’absence rôde également, celle révolue d’un fils sur le retour qui repartira, celle d’un enfant mort prématurément mais aussi celle des anciens qui avaient déserté la propriété suite à des évènements historiques tragiques.

Ainsi, si Au beau milieu de la forêt souffre d’un certain manque de rythme, de par sa construction peut être excessivement linéaire et binaire, Katja Huntinger réussit à explorer finement les tensions existentielles qui habitent les familles, et à les pousser à leur paroxysme, non sans humour, mais avec une véritable profondeur qui vient saisir chacun à l’endroit où il ne pourra manquer d’éprouver, à son endroit, la sensation d’un instant vécu, d’un sentiment éprouvé…

visuel : autorisation © Le Monfort

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