Performance

« Artefact », Joris Mathieu met en virtuel le réél au Off d’Avignon

« Artefact », Joris Mathieu met en virtuel le réél au Off d’Avignon

12 juillet 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Qu’un robot connaisse Shakespeare par cœur, quoi de fou ? C’est vrai, un robot peut tout apprendre non ? Le directeur du CDN de Lyon repousse les limites de l’éthique théâtrale et pose de bonnes questions.

Artefact doit se vivre comme une installation performative, et elle est très pertinente. Pensée comme une déambulation, elle nous divise en deux groupes : vert et rouge. Et chaque groupe va vivre sa version de l’histoire, persuadé que sa perception du projet est la bonne. Trois temps donc : pour nous ce fut d’abord, et cela nous semblait bien, la rencontre entre Joris et sa nouvelle pote, une chatbox. Le robot est bien tombé car son interlocuteur l’emmène sur le chemin de la culture. Mais elle s’en fout, elle n’existe pas vraiment. Puis nous assisterons à un poème et pour finir, ce qui nous semblait évident, la révélation de l’outil.

Mais alors qui joue ? Kuka, le robot très agile, ou Joris Mathieu qui a pensé ce parcours ? Le plus fou est la docilité avec laquelle on supporte cet acte qui vient annihiler l’humain. Mais cela, Thomas Jolly le montre très bien, la vacuité n’a pas attendu le XXIe siècle. Les oreilles casquées, nous obéissons à une voix robotique, et nous regardons des projections s’intégrer dans des décors réalisés par des imprimantes 3D.

C’est un théâtre de marionnettes qui se déroule devant nous, mais où le marionnettiste a un bras articulé. Les robots remplacent souvent les hommes, ce avec talent, en médecine par exemple, pour des opérations chirurgicales que la main de l’homme ne peut pas atteindre. On s’amuse, mi effrayé mi médusé à l’idée que cette idée envahisse les plateaux.

C’est intelligent, et pour le moment, aucun risque, les comédiens attaquent mieux LA tirade d’Hamlet qu’une voix métallique. Pour le moment…

Du 10 au 22 à l’École Supérieure d’Art d’Avignon,1 Avenue de la Foire. Accessible à pied(500m des remparts par la porte Saint-Charles). 

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Visuel : ©Nicolas Boudier

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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