Opéra
Récidive à l’Opéra de Paris : Marilyn embastillée !

Récidive à l’Opéra de Paris : Marilyn embastillée !

21 septembre 2013 | PAR La Rédaction

 

 

 

 

Un obscur procès autour d’une succession tient lieu d’intrigue. Sur fond d’amours contrariées, l’arrivée d’une diva énigmatique sera la clef de l’histoire… Welcome in Hollywood !

[rating=5]

La saison 2012-2013 de l’Opéra de Paris avait revisité Carmen, avec Anna Caterina Antonacci dans le rôle-titre, visiblement indisposée sous la perruque peroxydée de Marilyn Monroe. La beauté fatale toute ibérique passée du côté d’Hollywood, le torero Escamillo devenu Elvis on stage.

Au tour d’Emilia Marty, alias Elina Makropoulos, de connaître un sort analogue : la consécration d’être Marilyn en personne. Une identité démultipliée et une autre victime de la tentation des metteurs en scène de vampiriser l’icône américaine. Au gré des courants d’air savamment mesurés, la jupe d’Emilia-Marilyn se soulève insolemment. Regrettable magie d’une Mimesis facile. C’est que Marilyn, pin-up magnifique, figure de femme-enfant (et brisée par les hommes dans sa vie privée) a fort peu à voir avec Emilia, qui a du tempérament ; celui des immortels. Qu’importe le contresens, pourvu que ce soit beau.

Indéniablement, ça l’est. Le nec plus ultra des décors et des costumes.
Avec élégance, toute une époque est restituée, celle d’un cinéma américain qui nous a valu les plus grands films, tels que Sunset Boulevard, auquel la scénographie rend hommage, ou King Kong, l’un des moments forts de cette production.

Adapté d’une pièce de science-fiction de Karel Capek (écrivain à l’origine du mot « robot ») et créé en 1926, L’Affaire Makropoulos est le huitième et avant-dernier opéra de Leos Janacek (1854-1928). C’est aussi l’un des opéras les plus joués du compositeur tchèque, avec Jenufa (1904) et La Petite Renarde rusée (1924).

Si l’œuvre est moins connue du grand public, les mélomanes chevronnés la plébiscitent. De très belles pages, résolument modernes, rythment cette grande conversation en musique.
Susanna Mälkki dirige brillamment l’Orchestre de l’Opéra de Paris. Déjà applaudie dans des œuvres de Korngold et Wagner à l’Opéra Bastille, Ricarda Merbeth, au sommet de sa forme, livre une interprétation très personnelle d’Emilia Marty. Elle s’amuse, mène la danse, ricane… et finalement expire avec grandeur. On pense également à l’inoubliable performance d’Anja Silja, redoutable paon paré de joyaux, au Festival de Glyndebourne en 2003.

 

L’Affaire Markopoulos de Leos Janacek, Direction musicale : Suzanna Mälkki, Mise en scène : Krzysztof Warlikowski, Décors et costumes : Malgorzata Szczesniak. Orchestre et Choeur de l’Opéra national de Paris, Coproduction avec le Teatro Real de Madrid. Durée : 1h50.

Bande-annonce.

David Desvallées.

visuels :
1/ Evocation du film King Kong : un moment fort de cette production. Crédits photo : Onp / F. Serville
2/ Le cliché mythique de Marilyn Monroe sur une bouche du métropolitain
3/ Anja Silja, redoutable paon, interprète le rôle d’Emilia Marty au Festival de Glyndebourne en 2003
4/ Ricarda Mertbeh

Infos pratiques

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La Rédaction

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