Opéra
Petite balade aux enfers : un initiation à l’opéra avec Orphée, marionnettes et Gluck à l’Opéra Comique

Petite balade aux enfers : un initiation à l’opéra avec Orphée, marionnettes et Gluck à l’Opéra Comique

14 février 2019 | PAR Yaël Hirsch

Mon premier festival, c’est l’événement qui permet aux petits de s’initier à l’art lyrique. Au cœur de la programmation, Petite balade aux enfers revisite d’Orphée et Eurydice de Gluck (1762) avec un piano, des voix et des marionnettes. Un spectacle de 1 heure irrésistiblement poétique qu’il faut aller voir avant ce week-end, avec ou sans enfant à accompagner.  A voir encore les 16 et 17 février à 15h. 

Imaginé par Valérie Lesort (à qui l’on devait l’enthousiasmant Domino noir), un petit théâtre baroque est posé sur la scène de l’Opéra Comique, où Orphée, Eurydice, les monstres et même Zeus et Cupidon ont été transformés en marionnettes, animées par Sami Adjali, Christian Hecq et Florimond Plantier.  A la gauche de la scène, Marine Thoreau la Salle revoit pour son piano les airs les plus connus de l’opéra de Gluck. De temps en temps, tout habillé de noir, le chœur (Maîtrise Populaire de l’Opéra Comique) vient commenter la tragédie transcrite pour marionnettes avec des dialogues d’aujourd’hui. C’est Zeus qui raconte l’histoire et l’on surprend Orphée (magnifique Marie Lenormand, le final « J’ai perdu mon Euridyce n’a rien à envier aux plus grandes scènes d’opéra et le jeu de voix est toujours très juste) en larmes : il pleure la disparition de sa belle Eurydice, morte. Il est hagard chante sa ritournelle le cœur brisé et comprend à peine le flamboyant Cupidon (une marionnettes aux battements d’ailes carrément rock avec la voix de Marie-Victoire Collin) quand  lui propose d’aller récupérer son amoureuse aux enfers. Deux conditions à ce passe-droit exceptionnel : il devra se frayer un passage et une fois Euridyce retrouvée, il ne pourra absolument pas se retourner.

 

Une fois chantée,  Orphée finit par capter la proposition de Cupidon et l’on voit d’abord trois chevaux -chaussette s’élancer dans le noir sur l’air des furies avant de retrouver notre héros aux portes caverneuses du royaume des morts. Là, il doit convaincre toute une série de monstres à poils plus ou moins longs (ils  ont un côté peluche trop craquant et néanmoins ils semblent  réellement menaçants!). Il sort sa lyre et triomphe. Voici Eurydice récupérée et elle a l’air en forme. Comme elle ne comprend pas pourquoi Orphée ne la regarde pas, elle lui fait une scène en bonne et due forme. Ce qui ne l’empêche pas de chanter ses airs notamment « Fortune ennemie, Quelle barbarie » (excellente Judith Fa). Elle se met si bien en scène qu’elle finit par surprendre le regard d’Orphée et disparaît. A jamais? Cette version pour enfant serait par trop cruelle et comme dans un jeu vidéo, Cupidon accorde une troisième « vie » : « L’amour triomphe ». L’on sort ébloui, avec un immense sourire et plein d’images de cette Petite balade aux enfers qui permet d’affronter bien des démons.  

visuels : (c) DR Stefan Brion

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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