Opéra

La « Aida » d’Olivier Py dirigée par Daniel Oren reprise à l’Opéra Bastille

La « Aida » d’Olivier Py dirigée par Daniel Oren reprise à l’Opéra Bastille

17 juin 2016 | PAR Yaël Hirsch

La monumentale Aida de Verdi reprend a l’Opéra de Paris dans la mise en scène auréolée d’or dOlivier Py (2013), dirigée avec tact par Daniel Oren et avec de magnifiques voix dont – dans le rôle titre- l’extraordinaire Sondra Radvanovsky. Une très belle production qui permet de découvrir sous les scintillements de l’orientalisme de l’opéra qui a ouvert le canal de Suez en l’absence de son compositeur en 1869 mille subtilités mélodiques.

[rating = 4]

Au 12ème siècle avant Jésus Christ, alors que l’Égypte se prépare à affronter une attaque des éthiopiens, le général nomme pour défendre le pays, Radamès, espère obtenir pour son courage l’esclave éthiopienne Aida. Mais même très belle et très amoureuse, une femme peut être un piège.

Jouant du doré, modernisant les costumes pour les transporter au remis de Verdi et suggérant a la fois un Égypte mobile et l’indépendance italienne, Olivier Py signe une mise en scène qui marque et qui dure. Jouant de la verticalité pour exprimer avec grâce l’enfermement de l’armée, surélevant étages et plateaux pour montrer l’amoncellement des corps blancs d’une nation en guerre, le directeur du Festival d’Avignon remplit au maximum l’espace scénique et ça marche ! Au début le monumental est omniprésent et ce sont les temples qui tournent autour des chanteurs statiques. Puis à la fin de l’acte 1 la merveilleuse Sondra Radvanovsky sublime le « Ritorna Vincitor » et tout a coup la scène laisse place aux corps des chœurs incroyables de l’opéra et des danseurs qui se meuvent en contemporains. Chez Py l’exotisme est torse nu, masculin et en treillis et cela fait autant de bien que le magnifique duo des rivales (Radvanovsky et Anita Rachvelishvili) qui habite l’acte 2. Les trompettes, elles ascensionnent avec un orchestre tonique qui modernise le monument avec fluidité et subtilité, avant que la douceur de l' »air du nil » et la mélancolie de l’adieu « Si schiude il ciel » ne prennent le pas sur le faste égyptien.

Attentif, très nombreux et prompt à applaudir a tout rompre le public a suivi la montée de la tension dramatique de Aida avec passion et délectation. Tant au niveau des voix, que de l’orchestre et de la mise en scène, cette version d’Aida est parfaite aussi bien pour découvrir l’opéra que pour découvrir sous les trompettes et le livret monumentaux. les subtilités de la musique de Verdi.

Aida de Giuseppe Verdi (1869) livret : Antonio Ghislanzoni, direction : Daniel Oren, orchestre et choeurs de l’Opéra National de Paris, mise en scène : Olivier Py, avec Orlin Anastassov, Sondra Radvanovsky, Anita Rachvelishvili, Aleksandrs Antonenko, durée : 2h40.

visuel : affiche

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Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, traductrice et rédactrice dans le secteur culturel, collaboratrice régulière de l'ICOM, des Rencontres d'Arles, de la revue de design Etapes. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France et du Syndicat de la critique de théâtre, musique et danse, elle a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, autour des rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle officiait en tant que Docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art.

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