Opéra

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Et La Bayadère de briller d’une nouvelle Étoile

08 mars 2012 | PAR Géraldine Bretault

En 1992, Rudolf Noureev signe sa dernière chorégraphie, La Bayadère, dont l’Opéra de Paris conserve précieusement l’exclusivité. Testament artistique d’un danseur et chorégraphe hors normes, quintessence du ballet classique, sublime vision de l’exotisme des « Indes orientales », ce joyau du répertoire nous éblouit une fois de plus.

La rumeur enflait : au terme de la Première, Nicolas Joël et Brigitte Lefèvre sont entrés sur scène annoncer la nomination de Josua Hoffalt au titre de danseur Étoile. Quelle plus belle consécration que cette annonce publique saluée d’une standing ovation, selon la tradition instaurée par Rudolf Noureev du temps où il était Directeur de la danse de l’Opéra (1983-1989). Une consécration d’autant plus emblématique qu’elle lui est accordée dans le rôle de Solor, dont Noureev avait contribué à enrichir la partition, lui qui a tant fait pour revaloriser le statut du danseur masculin au sein du ballet.

La Bayadère, c’est d’abord un ballet créé par Marius Petipa en 1877 à Saint-Pétersbourg, ce qui lui vaut de porter l’empreinte de bien des influences. Celle des ballets russes, qui inspire à Petipa son goût pour les grands groupes – une maîtrise sublimée au troisième acte dans la superbe entrée en arabesque des Ombres – ; celle du ballet classique à la française, dont Petipa, enfant de la balle, avait une connaissance exhaustive ; et surtout celle de la splendeur des Indes, rêvées à travers le corps des bayadères qui se produisaient à Paris, à travers les écrits de Mallarmé, de Goethe, à travers cet univers chatoyant des maharadjahs, des cornacs, des brahmanes et des fastes qui peuplent les grands récits populaires indiens.

C’est d’ailleurs dans ce ballet que Noureev est apparu sur scène à l’Opéra Garnier pour la première fois, en 1961. Dans cette version remontée par ses soins, délestée de son quatrième acte, les tableaux s’enchaînent avec fluidité et les nombreuses danses (des éventails, des perroquets, des voiles) jouent des variations de rythmes et de styles, dans une débauche de décors et de costumes qui ravissent l’oeil à tous les instants. Saluons la superbe prestation d’Aurélie Dupont, dont les talents de tragédienne diaphane servent sa bayadère bafouée, et toujours la virtuosité de Dorothée Gilbert, qui incarne à merveille une Gamzatti fière et maîtresse d’elle-même.

Lot de consolation devant les guichets fermés : la représentation du 22 mars 2012 sera diffusée en direct dans plus de 100 salles en France et en Europe (cinémas Gaumont Pathé, Kinépolis, Cinéville, Cap-Cinémas, Ciné-Alpes et des dizaines de cinémas indépendants) en association avec Pathé Live.

 

Visuels : Agathe Poupeney / Opéra national de Paris

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Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, traductrice et rédactrice dans le secteur culturel, collaboratrice régulière de l'ICOM, des Rencontres d'Arles, de la revue de design Etapes. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France et du Syndicat de la critique de théâtre, musique et danse, elle a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, autour des rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle officiait en tant que Docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art.

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