Opéra
Le Domino Noir renaît de ses cendres à l’Opéra Comique

Le Domino Noir renaît de ses cendres à l’Opéra Comique

29 mars 2018 | PAR Yaël Hirsch

Après Liège et avant Lausanne en 2021, un des plus emblématiques Opéra de Auber et Scribe revient sur la scène de l’Opéra Comique où il a été joué pas moins de .. 1195 fois. Épousseté par la direction de Patrick Davin et la mise en scène de Valérie Lesort et Christian Hecq, ce Domino Noir si français sonne bien fort et bien joliment. Jusqu’au 5 avril 2018. 

[rating=4]

Au bal masqué de la reine d’Espagne, le fougueux  et romantique Horace (Cyrille Dubois) s’éprend d’une mystérieuse inconnue cachée sous un domino (lire « une cape ») noir(e) (Anne-Catherine Gillet). Elle disparaît mais il la retrouve déguisée en nièce folklorique de la servante d son ami Juliano (François Rougier) au dîner de Noël que celui-ci improvise chez lui. Qui est cette mystérieuse inconnue que risque de détourner Horace du mariage parfait qu’on vient de lui arranger, tant elle le trouble?

Avec de magnifique décors (la transparence de l’horloge comme à Orsay du premier acte est juste bluffante), un caractère vaudevillesque assumé et des thèmes hispanisants qui vont jusqu’aux castagnettes, 50 ans avant Carmen, le jeu de cache-cache du Domino Noir est bien revigoré par des chanteurs exceptionnels (Anne-Catherine Gillet, divine omniprésence et le timbre et la puissance enivrants de la voix de Cyrille Dubois). Des chanteurs qui mettent en valeur une musique drôle inventive, faite de collages et de jeu (l’on y entend du Mozart, à temps et il y a en plus un petit clin d’œil au cygne cannois du Carnaval des animaux de Saint-Saens). Mais qui savent aussi jouer diablement bien et ce que Valérie Lesort et Christian Hecq réussissent magnifiquement pour cette première expérience de mise en scène lyrique, c’est de toujours laisser les acteurs et chanteurs en mouvement. Les grands déferlements de foules ponctuent l’intrigue aussi bien que des chorégraphies auxquels tous se prêtent avec vraiment de la grâce. L’humour est aussi au rendez-vous, animalier, aussi bien que citations finement dévoyées (une danse des dominos noirs au début). Au final, l’on reste parfaitement entre le vaudeville et la romance, dans quelque chose de coloré, de festif et de gai, le tout porté au sommet par une exécution à la fois parfaite et vivante. Un grand moment de musique et de plaisir.

visuels : Vincent Pontet / Opéra Comique.

 

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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