Opéra
[Critique] Splendide « Pénélope » à l’Opéra du Rhin

[Critique] Splendide « Pénélope » à l’Opéra du Rhin

28 octobre 2015 | PAR Matthias Turcaud

La « Pénélope » que proposent en ce moment Patrick Davin et Olivier Py à l’Opéra National du Rhin se caractérise par sa sobriété, mais ne manque pas de panache. A voir !

Comme il l’avait fait pour l’Alceste de Gluck, Olivier Py a imaginé, en connivence avec son décorateur et costumier Pierre-André Weitz, une mise en scène entièrement en noir et blanc, suivant une symbolique des couleurs simple mais efficace : le noir symbolise le deuil ou le mal, le blanc l’innocence ou le bien.

Dans cet écrin dénué de pompe mais non sans grandeur et un certain sens du spectaculaire – il faut la voir cette forteresse immense qui figure la demeure d’Ulysse -, les sentiments sont exacerbés. L’opéra joue efficacement sur la notion d’urgence – il y a bien urgence, puisque les prétendants, à bout de patience, acculent Pénélope, découvrent la supercherie de la tapisserie (dont la fin est censée coïncider avec les nouvelles noces de Pénélope, mais celle-ci défait la nuit ce qu’elle fait le jour) et veulent la forcer à se décider.

La manière qu’a Py de raconter cette histoire semble bien la bonne : simple, forte et dépourvue de fioritures, elle s’accorde parfaitement avec la partition de Fauré fidèlement dirigée par Patrick Davin. Les tableaux intimistes – de par les incarnations au diapason des chanteurs principaux, dont notamment Anna Caterina Antonacci dans le rôle de Pénélope et Marc Laho dans celui d’Ulysse – satisfont autant que les puissants tableaux de groupe – parmi ceux-là en particulier celui, final, où les gens d’Ulysse saluent son retour.

Crédit photos : Klara Beck

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Matthias Turcaud
Titulaire d'une licence en cinéma, d'une autre en lettres modernes ainsi que d'un Master I en littérature allemande, Matthias, bilingue franco-allemand, est actuellement en Master de Littérature française à Strasbourg. Egalement comédien, traducteur ou encore animateur fougueux de blind tests, il court plusieurs lièvres à la fois. Sur Toute La Culture, il écrit, depuis janvier 2015, principalement en cinéma, théâtre, ponctuellement sur des restaurants, etc. Contact : [email protected]

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