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Murmuration, les envolées du patinage artistique

Murmuration, les envolées du patinage artistique

24 juin 2022 | PAR Capucine De Montaudry

Le Théâtre de la Ville propose un nouveau chef-d’œuvre, épique et passionnant : Murmuration, signé Le Patin Libre, dans le cadre d’un hors les murs. La compagnie québécoise investit la patinoire d’Asnières les 23 et 25 juin pour une chorégraphie sur patins à glace, inspirée des mouvements que font les milliers d’étourneaux avant leur migration. 

Un algorithme qui fascine Alexandre Hamel, Pascale Jodin et Samory Ba depuis plus de dix ans. Récemment, les scientifiques ornithologues ont démontré que les « murmurations », mouvements des étourneaux avant leur migration, pouvaient être traduits en langage mathématique. Les trois artistes s’en sont inspirés et le résultat est là. Une pièce chorégraphique sur glace, à couper le souffle. 

Des mouvements en strates

Ce ne sont pas moins de quinze danseurs qui apparaissent sur l’immense étendue de glace. Ils se fondent dans la pénombre et la fumée. La musique, très douce, plonge d’emblée le spectateur dans une ambiance contemplative. Le regard s’émerveille dès les premiers mouvements : après quelques allées et venues solitaires, le collectif se forme. Leurs mouvements sont en harmonie parfaite mais décalés les uns des autres, tous s’entraînent dans une vaste chorégraphie. Chaque geste est nécessaire, naturel, d’une grâce inouïe. 

Le frottement des lames de patins sur la glace est un murmure. Parfois les danseurs s’en servent pour marquer les rythmes de la musique. Ils filent à une vitesse aussi grisante que le vol des oiseaux. Par moments ils se séparent en deux groupes très distincts qui évoluent en symétrie. Une trame narrative se dégage lorsque l’un d’eux se retrouve isolé, même rejeté par le groupe. Mais les moments les plus beaux sont clairement ceux où ils font corps, lorsque leurs gestuelles sont un écho. 

Un effet (trop) spectaculaire

L’épique est parfois poussé trop loin, aux dépens de la délicatesse qui prévaut dans les mouvements du groupe. Si l’aspect mathématique de la chorégraphie est parfaitement en équilibre avec la grâce des danseurs, il y a parfois des tonalités trop dramatiques qui desservent la beauté de la pièce. Le spectateur devient témoin d’un événement qui se joue et que la musique amplifie. Pourtant, la beauté des murmurations sur patins se suffisait à elle-même. 

Les trois chorégraphes semblent avoir mobilisé toutes les ressources pour créer un effet spectaculaire. Fumée, lumière, une musique qui explore les différents styles… On préfèrerait davantage de simplicité pour mieux savourer la beauté de la chorégraphie et l’effet grisant de la vitesse. 

Glisser sur la glace pour percevoir l’envolée

« Beaucoup de chorégraphes ont essayé de s’inspirer des murmurations« , nous expliques Alexandre Hamel, « mais il faut glisser, il faut désancrer« . En effet, sur les patins à glace, le mouvement est fluide. Il travaille sur la vitesse, qui transporte le spectateur. À ce jour, Le Patin libre est la seule compagnie artistique sur patins à glace qui a acquis une certaine notoriété. 

Concernant l’aspect narratif, Alexandre Hamel déclare que « c’est le cerveau humain qui est narratif. On construit toujours des histoires. Nous on vit une histoire, et chaque spectateur vit la sienne. » Une expérience à vivre et à revivre. 

La deuxième et dernière représentation aura lieu le 25 juin à la Patinoire d’Asnières, à ne pas manquer ! Toutes les informations ici

Visuel : Affiche du spectacle, CC © photographie Rolline Laporte. 

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