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Molinier et ses photos prennent vie dans Mes jambes, si vous saviez, quelle fumée…

Molinier et ses photos prennent vie dans Mes jambes, si vous saviez, quelle fumée…

17 juin 2013 | PAR Christophe Candoni

Ambiance feutrée et surchauffée au théâtre de la Bastille où est repris « Mes jambes, si vous saviez, quelle fumée… », un spectacle culte créé par Bruno Geslin en 2004 qui nous fait pénétrer dans l’œuvre fascinante d’érotisme et de subversion de l’artiste Pierre Molinier interprété avec brio par Pierre Maillet.

De profession, Molinier était peintre en bâtiment mais il peignait aussi par passion, des fesses, des sexes, des corps suggestifs, le sien et d’autres, qu’il prenait aussi en photo pour monter des collages. Dans les années 80, en pleine province bordelaise, il érigeait au rang d’œuvre d’art le corps travesti, dénudé, érotisé dans de menues lingeries féminines types guêpières, corsets, longs gants, bas résilles noirs, jarretelles, talons aiguilles… Et c’est aussi légèrement vêtu que parait en scène l’excellent Pierre Maillet, un acteur savoureux, rieur, coquin, irrésistiblement drôle et profondément touchant à la fois. C’est tout l’art, l’humour et la délicatesse de l’acteur pilier de la compagnie des Lucioles et familier du théâtre barré de Copi (sous la direction de Marcial di Fonzo Bo). Sur la petite scène de la Bastille transformée en ce qui s’apparente aussi bien à un petit atelier d’artiste qu’au recoin sombre d’un lupanar chic, bien accompagné d’un voluptueux danseur (Nicolas Fayol, jambes gaînées sur talons hauts, corps souvent dénudé) et sa complice de scène de longue date Elise Vigier, il s’amuse à faire entendre avec délectation, le discours choc d’un artiste cru, impressionnant car totalement libre et impertinent.

Fasciné jusqu’au fétichisme, Molinier capte l’érotisme trouble d’un brouillage transgressif des frontières entre le masculin et le féminin pour questionner l’identité transgenre. Il parle, sans détour et non sans dérision, de ses fantasmes, d’une sexualité marginale. On découvre la personnalité entière et complexe, emplie de passion et de failles d’un provocateur génial, d’un anticonformiste exigeant mais aussi, derrière l’ironie et la légèreté, on perçoit la solitude d’un artiste isolé, critiqué par les artistes indépendants bordelais, l’inquiétude d’un homme face au caractère forcément éphémère de la beauté insaisissable, les idées noires d’un érotomane tenté par la mort qui finira par se suicider.

Bruno Geslin a travaillé à partir de textes issus d’entretiens qu’a donnés Molinier et de son œuvre photographique qui prend vie sur scène. Sa mise en scène, modeste et joyeuse, jamais racoleuse ni vulgaire, joue sans lourdeur sur l’androgynie des corps magnifiés. Hyper jouissif.

© Richard Volante

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One thought on “Molinier et ses photos prennent vie dans Mes jambes, si vous saviez, quelle fumée…”

Commentaire(s)

  • jaime ,je suis un homme qui porte que des tenues féminine e gratuitement pour tout scénarios , voila mes videos si je vous intéraisse me contacté [email protected] mes videoson gratuite

    janvier 31, 2014 at 14 h 33 min

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