Opéra
Les Nuits d’été de l’Orchestre national de Lille avec La Belle Hélène

Les Nuits d’été de l’Orchestre national de Lille avec La Belle Hélène

10 juillet 2021 | PAR Victoria Okada

L’Orchestre national de Lille a présenté, dans le cadre des « Nuits d’été » désormais traditionnelles, une version de concert de La Belle Hélène avec une grande partie des textes parlés réécrits. Gaëlle Arquez et Cyrille Dubois ont mené le magnifique plateau vocal.

 

Une diversité réjouissante de voix

Avec un timbre intense et charnu, Gaëlle Arquez tient majestueusement le rôle d’Hélène qui s’est transformée en pseudo Carmen. En effet, le metteur en espace Lionel Rougerie a modifié une grande partie des textes parlés en en ajoutant d’autres de sa plume, pour faire de Hélène une obstinée qui refuse d’embarquer sur la galère pour Cythère. Face à elle, un Cyrille Dubois souple à souhait : ses aigus s’étendent délicieusement, non sans touche d’humour, alors que dans des partitions rapides, il fait preuve (comme à l’accoutumée) d’une articulation parfaite dans une grande agilité technique. Autour de ces deux chanteurs principaux, toute une bande de seconds rôles (qui n’en sont pas pour autant chez Offenbach) forment une joyeuse cour par leurs caractères insolites et par la diversité réjouissante de voix. Mais ici aussi, la réécriture du texte intervient de manière un peu trop envahissante, notamment pour la charade et le jeu de l’oie. L’apparition de Vénus au début et tout au long de l’œuvre dénature également la nature de l’opéra-bouffe…

 

Un ensemble assez ennuyeux

Le tout est pourtant mené avec entrain par Alexandre Bloch bondissant et l’Orchestre national de Lille le suit avec autant de vigueur. Le tempo parfois très rapide ne fait pas peur aux musiciens de l’orchestre, ni aux chanteurs d’ailleurs, bien que pris par un flux des notes, certains passages deviennent peu intelligibles. Le Chœur de chambre Septentrion, installé sur les deux côtés en arrière-scène, n’arrive pas à créer la masse vocale attendue. Les costumes, les lumières, ainsi que les illustrations projetées le fond de la scène ajoutent la gaieté à l’œuvre mais n’ont pas réussi à convaincre, ainsi que la sonorisation .
En résumé, les nouveaux dialogues et monologues insérés, au détriment de certaines partitions coupées, modifient le rythme entraînant imaginé par le compositeur, ce qui rend l’ensemble assez ennuyeux malgré la superbe prestation des chanteurs à timbres variés et colorés.

Pour un compte rendu plus détaillé, visitez vivace-cantabile.com

Photos : Ugo Ponte © onl

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