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Le top spectacles 2019 de la rédaction

Le top spectacles 2019 de la rédaction

17 décembre 2019 | PAR La Rédaction

Théâtre, opéra, ballet. La rédaction était dans les salles toute l’année pour défendre le spectacle vivant. Voici les coups de cœur des rédacteurs !

Amélie Blaustein Niddam

Il est toujours difficile de remonter le fil. Partir de janvier 2019 et voir ce que l’on garde. Alors je préfère ne pas réfléchir et voir ce qui surgit. Immédiatement, mon coup de cœur absolu est Sommia, la version d’un Songe d’une  nuit d’été d’Anne Teresa de Keersmaeker. Une randonnée chorégraphique de 4 heures dans le parc du château de Gaasbeek. Ensuite, je garde en tête les portes du Paradis ouvertes par Roméo Castellucci et aussi son dément Requiem au Festival d’Aix qui était un autre Sacre du printemps. Dans un autre genre,  je suis tombée amoureuse pour l’éternité de Hen, la poupée queer de Johanny Bert. Et pour finir, ce qui restera LA pièce de 2019, reprise d’ailleurs en 2020. Les idoles, le manifeste de Christophe Honoré qui rappelle que les artistes morts du sida auraient l’age d’être vivants aujourd’hui.

Mathieu Dochtermann

Pour celle.eux qui veulent se faire plaisir en cette fin d’année, en mettant peut-être un peu plus la main à la bourse que d’habitude, mais pour un beau voyage dans un spectacle qui ne lésine pas sur les moyens pour faire frissonner son public: War Horse du National Theater, à la Seine Musicale à Boulogne-Billancourt (92) jusqu’au 29 décembre. Émerveillement garanti! J’y emmènerais sans hésitation mes petits cousins, mais en faisant attention tout de même aux plus jeunes: il s’agit tout de même d’un spectacle sur fond de Première Guerre Mondiale, c’est impressionnant et pas complètement exempt de morts et explosions en tous genres…!

Simon Théodore

En matière de spectacle vivant, la programmation culturelle strasbourgeoise est, sans aucun doute, variée. Dans « Forecasting » de Barbara Matijevic, l’idée de se servir de Youtube comme mémoire audiovisuelle de l’humanité m’a paru extrêmement intelligente. Du tutoriel informatique à la recherche du point G, on trouve de tout sur cette plate-forme et le corps de l’interprète devient alors le prolongement des images vidéo. Inspiré par le cinéma et la danse érotique pour son projet « Strip Tease », le Catalan Père Faura proposait, avec raffinement, une réflexion sur l’art du strip-tease tout en s’invitant dans l’intimité du spectateur. Enfin, en cette fin d’année, Etienne Rochefort m’a captivé avec « Oikos Logos », une version chorégraphiée de l’évolution de l’humanité. Outre les qualités des danseurs et musiciens réunis, l’ambiance musicale proposait une réelle immersion pour accompagner les corps lors de cette interprétation de l’histoire de l’Homme.

Denis Peyrat 

Cette année la programmation de l’Opera de Paris m’a offert quelques belles soirées : la superbe Rusalka de Robert Carsen, la découverte d’Elena Stikhina remplacant Yoncheva dans Tosca, Anja Harteros (non remplacée !) dans La Forza del destino. Toujours côté opéra j’ai pu voir la magnifique prise de rôle de Lisette Oropesa dans Manon au cinéma depuis le Met : ne la manquez pas en janvier dans la reprise du joyeux Barbier de Séville de Damiano Michieletto. A la Philharmonie de Paris, Peter Sellars m’a fait passer un très grand grand moment en ritualisant Les Larmes de Saint Pierre de Roland de Lassus. Dans un tout autre style, pour cette fin d’année je vous conseille la reprise au Chatelet d’Un Américain à Paris. En famille ou en amoureux, la version comédie musicale du film de Vincente Minelli vous offira un excellent spectacle/cadeau de fin d’année (jusqu’au 1er janvier).

Victoria Okada

Pour les spectacles lyriques , je veux citer incontestablement Ercole Amante (Hercule Amoureux) présenté à l’Opéra Comique en novembre en cinq représentations. Dans une mise en scène kitch à volonté de Valérie Lesort et Christian Hecq, Nahuel Di Pierro tenait le rôle titre sous la direction musicale de Raphaël Pichon. Un spectacle de musique classique qui frôle un show type variété, c’est Scarlatti Night Fever à l’Auditorium de Radio France qui a fait office de la clôture du projet « Scarlatti 555 » : jouer toutes les 555 sonates de Scarlatti. Si ce projet a été mené dans le cadre du Festival de Radio France Montpellier-Occitanie l’année dernière, sur des instruments d’époque, le concert du 26 octobre dernier se distinguait par une incroyable diversité. On ne sais si on peut parler d’un « spectacle », mais le Concours Long-Thibaud-Crespin (piano), avec les contestations face à la décision du jury quant au prix décernés, mérite à être mentionné.

David Rofé-Sarfati

L’année  de théâtre qui se termine dans quelques jours fut riche, très riche et de bonne qualité. Il est toujours difficile de fabriquer un podium pour y inviter une pièce plutôt qu’une autre. Essayons de prédire ce qui restera de ce millésime en nos mémoires et en celle de l’histoire de l’art dramatique français. L’absence de guerre par Aurélie Van den Daele (inspiré de faits réels se déroulant lors d’une campagne électorale menée par le camp travailliste anglais) constitue une des pièces marquantes de ce millésime, à l’instar de Désintégration de Kheireddine Lardjam qui interroge  la génération issue de l’immigration à partir du texte admirable de Ahmed Djouder.  A la Comédie Française La puce à l’oreille marquera l’année pour ceux, chanceux qui ont pu obtenir leur place; et Hors la loi de Pauline Bureau au Vieux Colombier inscrira longtemps sa trace. A la cartoucherie de Vincennes Simon Abkarian (sera-t-il le successeur d’Ariane Mnouchkine?) impressionna avec sa création Électre des bas-fonds.  L’année 2019 fut  aussi celle du duo Erwan Daouphars et Solenn Denis qui créent coup sur coup Sstockholm puis Scelus. L’année sera surtout celle  du retour du génie de Stéphane Braunschweig qui aprés un Macbeth en 2018 diversement reçu se réinvente magistralement en deux propositions : à l’Odéon  L’école des femmes  et à Berthier le magique Nous pour un moment du norvégien Arne Lygre.

Magali Sautreuil

Cette année, j’ai eu la chance de découvrir de très belles pièces. Certaines m’ont cependant davantage marquée que d’autres. La première est Semeurs de rêves, un conte poétique, ludique et immersif, fourmillant de bonnes idées, notamment en matière de mise en scène, imaginé par la compagnie Les Vagabonds des Étoiles. La seconde est La danse du soleil, un thriller psychologique haletant écrit par Julien Vaiarelli, qui m’a surpris par sa maîtrise de l’intrigue et du suspense. Un véritable chef-d’oeuvre. La troisième est T-Rex, chronique d’une vie de bureau ordinaire, une comédie satirique qui nous dépeint un monde du travail totalement inhumain, qui nous renvoie à nos sociétés actuelles. La quatrième est Une vie de pianiste. Paul Staïcu nous raconte avec humour son histoire. Un récit autobiographique et musical digne d’une épopée, où la passion du piano et de la musique de son interprète pourrait bien susciter des vocations. Enfin, la cinquième et dernière pièce à avoir retenu mon attention est Eurydice n’est pas revenue, une adaptation surprenante du mythe d’Orphée et d’Eurydice. Thibaud Tannenberg, son auteur, a su mettre en scène sa propre vision de cette histoire maintes fois portée au théâtre. 

Christophe Candoni 

Cette année, le spectacle vivant a comme jamais sublimé la finitude. Les plateaux se sont présentés comme des lieux de passages parfois incongrus et fugacement habités de présences éphémères ; ce sont Les Idoles à vif de Christophe Honoré ou bien les fantômes de Christoph Marthaler dans Bekannte Gefühle, gemischte Gesichter, d’une drôlerie et d’une mélancolie toujours aussi intrigantes, déroutantes. Spectrale, l’année a aussi été charnelle. En témoigne l’incandescente charge érotique et subversive de Lady Macbeth de Mzensk mis en scène par Warlikowski à l’Opéra Bastille. Un monde s’éteint et puis renaît, c’est ce qu’a affirmé avec puissance le somptueux Requiem de Mozart revisité par Romeo Castellucci dans un élan vital spectaculaire au festival d’Aix-en-Provence. 

Yaël Hirsch

Comme ma chère Rédac’ chef a déjà cité les Idoles de Christophe Honoré, bal éblouissant de fantômes,  il me reste un peu de place pour faire un road-trip de mes spectacles préférés de l’année 2019 : Première étape Strasbourg, au Festival Musica où j’ai assisté un peu avant son arrivée à Paname à la création française du flamboyant et spirituel Symphonia Harmoniae Coelestum Revelationum par le danseur et chanteur François Chaignaud et la musicienne Marie-Pierre Brébant qui fait entendre et donne à voir l’intégralité des 69 psalmodies de la sainte rhénane du 12e siècle, Hildegarde de Bingen. Un Mantra du cœur et de la grâce. Deuxième étape : Lausanne où j’ai eu la chance de découvrir dans le cadre du Festival Programme Commun, la bombe baroque et sauvage que la grande Angelica Liddell a dédié à sa mère, après sa mort; une costilla sobre la mesa est un spectacle essentiel et tribal qui fouille hystériquement au cœur du lien. Et puis l’on finit sur un Paris estival, avec un circassien « tout schuss » à suivre depuis qu’ils nous a bluffés au Festival Paris Quartier d’été : sur ses skis rouges et en 40 minutes, Olivier Debelhoir nous a fait vivre le blues de l’artiste, version thriller. 

Paul Fourier

Quel dilemme que de devoir choisir ! Alors je déroule… Si je dois distinguer les spectacles qui m’ont emmené loin, je citerai André Chenier au Royal Opera House, l’hilarant Barbe-bleue à Lyon, Les Puritains à Liège et à Marseille, Le Tsar Saltane à la Monnaie, Salomé à Munich, la décapante Forza del destino à Berlin et le Cav/Pag au même endroit, Otello de Rossini à Francfort, La Vestale à Vienne, Les Vêpres siciliennes à Rome et aussi… Goldoni aux Bouffes du Nord, Trans au théâtre de la Bastille, le Calixto Bieito à l’espace Cardin. Du côté des interprètes qui m’ont fait décoller, on trouvera Cecilia Bartoli et Placido Domingo (la première dans Alcina à Salzbourg et tous deux à la Philharmonie de Paris), Anna Pirozzi (dans Tosca et Gioconda), Anja Harteros (dans Tosca et La Forza del destino), Enea Scala (dans Otello et Les Contes d’Hoffmann), Annick Massis (dans Les Pêcheurs de perles et son récital à l’Elephant Paname), Aleksandra Kurzak (dans Don Carlo), Marina Rebeka (dans Norma et Simon Boccanegra), Mariella Devia et Roberto Alagna mais aussi Isabelle Huppert (Mary said…), Étienne Daho et Catherine Ringer (à la Philharmonie de Paris). Enfin, trois petits coups de cœur pour Le Barbier de Séville à Rouen et les immersions dans le petit Festival de Seillans et le Festival Verdi à Parme.

 Visuel : © Jean Louis Fernandez

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