Opéra
Le rarissime « Palais enchanté » de Rossi à l’Opéra national de Lorraine

Le rarissime « Palais enchanté » de Rossi à l’Opéra national de Lorraine

07 octobre 2021 | PAR Victoria Okada

A Nancy, l’Opéra national de Lorraine a ouvert sa saison avec un opéra rarissime : Le Palais enchanté (Il Palazzo incantato) de Luigi Rossi (1597-1653). Leonardo García Alarcón l’avait exhumé dans la Bibliothèque de Vatican

L’œuvre a dû être présenté en 2020 à l’Opéra de Dijon où Leonardo García Alarcón était résidence. Mais la pandémie a passé par là, la représentation dijonnaise s’est transformée en captation sans public. C’est ainsi que, en ce début du mois d’octobre, le projet a enfin trouvé son public et a remporté un immense succès.

Un ouvrage monumental inspiré de Roland furieux, avec 27 personnages, 16 solistes, des doubles et triples chœurs à 6 et 12 voix, des ballets, le tout pour 7 heures de musique, danse, théâtre, effets spectaculaires et autres merveilles au moment de la création à Rome en 1642.

Une mise en scène contemporaine, signée Fabrice Murgia

Pour cette production, le metteur en scène Fabrice Murgia a remplacé les machineries par les vidéos et plusieurs décors tournants, et a situé l’intrigue à notre époque. L’utilisation de la vidéo en directe, de plus en plus fréquente, arrive à la saturation sur la scène lyrique, sans parfois qu’elle soit justifiée sur le plan scénographique. Mais Murgia et le vidéaste Giacinto Caponio ont une intelligence de la limiter pour la première partie, dans les vidéos sont projetées « à l’étage » du décor divisé en deux niveaux. Ils nous proposent par ailleurs ensemble des illusions, le thème de l’opéra, dans des lieux de solitude contemporains comme parloir, aéroport, chambre d’hôtel ou encore l’hôpital. Manière de dire que les illusions existent dans notre quotidien, dans des lieux banales… Si le décalage entre la musique et les aspects visuels donne une sensation bancale, on n’y habitue vite, convaincu par l’idée de la mise en scène.

13 chanteurs et la direction alerte de Leonardo Garcia Alarcon

Les chanteurs (au nombre de 13, certains incarnant plusieurs personnages) rivalisent leurs arts, créant une émulation qui s’intensifie au fil du temps. Et cela amène vers un dénouement d’une théâtralité saisissante, sur une scène presque vide contrairement aux précédentes peuplées et meublées de nombreux objets et personnages.

 

Leonardo García Alarcón semble avoir inséré dans la partition, comme à l’accoutumée, d’autres musiques qui y formeraient un bon ménage, ce qui était aussi l’usage fréquent de l’époque. Sa direction est vive et alerte, l’interprétation est remplie d’effets sonores. Le public exprime leur enchantement par des ovations, certain debout, dans la joie de pouvoir de nouveau assister à des spectacles « en vrai » qui plus est, à une très belle production.

La représentation du 3 octobre à l’Opéra national de Lorraine.

Photo © Gilles Abegg

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