Spectacles
Le best of spectacles 2021

Le best of spectacles 2021

15 décembre 2021 | PAR La Rédaction

En 2021 le spectacle vivant aura été vivant ! 2021 aura été l’année de la reconnexion avec le public après la fermeture très injuste des salles de spectacles jusqu’en mai.  L’occasion est donc pleine et entière de lister nos coups de cœur lors de cette demi-année particulière

Commençons en trichant comme ça c’est fait ! Ma pièce préférée en compte au moins 5 ! Il s’agit du portrait Lia Rodrigues orchestré par le Festival d’Automne. C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un artiste auquel on offre un portrait l’offre lui même à d’autres. L’occasion de citer Marcelo Evelin, Volmir Cordeiro, Ana Pi. Le plus gros coup de cœur reste tout de même la création de Lia Rodrigues qui venait clôturer son portrait: Encantado, un enchantement ! Ensuite si je joue le jeu du best of, sans réfléchir, la pièce qui m’a le plus marquée c’est Une femme en pièces de Mundruczo vue au Festival d’Avignon, la scénographie très cinématographique m’a plongée dans cette histoire super glauque passionnément. Plus récemment, j’ai eu des coups de cœur en théâtre. La douceur du temps qui passe avec La forteresse du sourire de Tanino au T2G l’honneur de la famille avec Les Frères Karamazov ( Bouchaud sapé en patron de boite du sud-est, ça restera !), et très très récemment, Un vivant qui passe où Nicolas Bouchaud, tiens, encore lui, met en abyme les rush du film de Lanzman pour une réflexion inouïe sur la parole du témoin. En performances, vivre l’expérience d’Alexander Schubert au dernier Musica était dingue. J’ai adoré passer 4 heures dans sa forêt dotée d’une pythie en IA, et y retourner au réveil.  Autre performance, celle de Roméo Castelucci au Kunsten, ça c’était dingue : le froid, la pluie, le plein air et là, la horde de flics dirigée par le maître italien devenait burlesque. Je veux finir mon best of très personnel avec la recréation de So Schnell du regretté Dominique Bagouet, la pièce posthume du chorégraphe mort du sida en 1992. Une puissance des lignes toujours contemporaine. Et si vous m’autorisez à tricher encore, je rajoute à la liste de mes souvenirs à apporter avec moi pour toujours, la découverte du nom d’Anne Corté, le geste marionnéttique d’Alice Laloy, si neuf, le cabaret américain de Sylvain Maurice dans Short Stories, et les rebonds de katerina Andreou. A l’année prochaine ! ( Attendez ! J’ajoute sur le fil les Faunes dé-genrés de Sharon Eyal, une claque !)

Amélie Blaustein Niddam

La plus belle mise en scène était celle du spectacle d’adieu de Christophe Rauck au Théâtre du Nord avec Dissection d’une chute de neige. Le plus punchy, actuellement au Théâtre de la Porte Saint-Martin est Stallone de Fabien Gorgeart, Clotilde Hesme et Pascal Sangla vu au 104. Le plus mystique : la Passion selon Saint-Jean de Bach mis en scène par Calixto Bieito au Théâtre du Châtelet. Enfin, le plus surprenant et le plus littéraire : le duo formé par Olivia Rosenthal et Keti Irubetagoyena au Festival DIRE.

Yaël Hirsch

Cette année, sortir fut la priorité, sortir pour du spectacle vivant, bien sûr, mais aussi s’évader, traverser les frontières. Et partager pour ceux qui ne pouvaient le faire. C’est sans aucun doute pour ces raisons que, parmi mes préférés de l’année, figurent ceux où je pouvais, avant tout, respirer le vent de la liberté. Alors, bien sûr, il y a eu les festivals et le plaisir de retrouver une fouille grouillante en plein air, à Vérone, notamment avec le Cavalleria rusticana (Alagna, Kurzak, Maestri), mais aussi, toujours en Italie, en intérieur à Pesaro avec le magnifique Moïse et Pharaon de Rossini ou encore, dernièrement à Bergame avec le trio belcantiste (La fille, Medea et L’elisir). Plus tôt dans l’année, alors que la France était fermée et bien fermée, aller à Madrid et se rendre compte que l’on pouvait donner Siegfried de Wagner dans une salle bien remplie, mais avec des conditions sanitaires drastiques restera, pour longtemps, un souvenir de vie et d’opiniâtreté pour les gens qui se sont battus pour que cela soit rendu possible. Il y eut aussi des chocs, celui de la découverte d’un magnifique (mais méconnu) opéra de Verdi avec Stiffelio à Strasbourg (et ce fut la découverte du ténor Jonathan Tetelman !), celui du Faust décapant de Vienne par Frank Castorf et avec Nicole Car ou celui de la reprise de l’invraisemblable Lulu de Warlikowski à Bruxelles. Le moment le plus jouissif musicalement pour moi fut probablement la longue plongée à Florence dans La forza del destino dirigée par Zubin Mehta et mis en scène par Carlus Padrissa. Et, comme il n’y a pas que l’opéra dans la vie, il y eut des bien belles soirées au théâtre avec Les frères Karamazov à l’Odéon, Le Roi Lear au Théâtre de la Porte Saint-Martin, un OVNI signé Gaelle Bourges aux abbesses ou encore, last but not the least, les corps sublimes et la force de Dimitris Papaioannou à Montpellier puis au Châtelet. 2021 est presque mort, vive 2022 et les futurs plaisirs à venir…

Paul Fourier

Il n’est jamais simple de choisir le podium d’une année complète de création de spectacles vivants. Cette année une difficulté supplémentaire de la critique nous a invité à poser sur certaines pièces le filtre de la crise Covid qui souvent a empêché les troupes de répéter et qui parfois a miné le moral des comédiens attrapés sous le feu des ouvertures et des fermetures intempestives et toujours imprévues. Sous le joug de ces périodes de latences et de la menace qui y était associée, beaucoup de pièces créées en 2019, 2020 ou en 2021 et programmées cette année furent cependant formidables. Nos colonnes en gardent le témoignage. Pour trancher, et puisqu’il nous faut soutenir en premier lieu l’innovation et nous souvenir de la surprise que nous avons vécue à découvrir certaines pièces, dressons la liste  ici des belles surprises 2021:  Tartuffe de Molière affiné par Macha Makeïeff avec un Xavier Gallais inoubliable, la pièce complexe Comme tu me veux de Pirandello par Stéphane Braunschweig. Ajoutons deux autres cadeaux ex-equao : Normalito de Pauline Salles créé au OFF d’Avignon et Zaï zaï zaï zaï, mise en scène par Paul Moulin sur une adaptation de Maïa Sandoz et de lui même. En bonus, hors compétition,  la création d’Emeline Bayart de la pièce de Feydeau On purge Bébé présentée au théâtre de l’Atelier,  

David Rofé-Sarfati

Visuel :  © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

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