Jeune Public

Muances, le conte philosophique pour ados de Camille Rocailleux

Muances, le conte philosophique pour ados de Camille Rocailleux

01 février 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Au théâtre Dunois, scène dédiée au jeune public dès 2 ans, le musicien Camille Rocailleux offre un conte cinématographique sur les notions de bien et de mal.  Pour les collégiens (12-16 ans) 

Jour de première. La veille; la compagnie E.V.E.R s’est faite voler tout le matériel du spectacle. Et cette pièce est un concert :  clavier, batterie, guitares, console…Alors, en quelques heures, ils ont cherché, se sont fait tout prêter. Et, à 14H30, le mardi 30 janvier ils étaient sur scène, comme si de rien était. Show must go on est peut être la leçon la plus dingue qu’ils ont offert aux collégiens cette après-midi là.

Muances leur parle. En images et en sons. Dans une esthétique qui croise celle des clips de Woodkid et des zappings de Canal+, le visuel explose. Il prend toute la place et enferme les musiciens qui sont encadrés par deux films, devant et derrière eux, où sont projetées en noir et blanc des scènes cataclysmiques du monde, ultra esthétisées.

Le son est rock, majoritairement tendre, les guitares croisent le xylophone, la batterie, les bois. Qui joue quoi ? Tous jouent de tout, la tête camouflée dans une capuche. Camille Rocailleux, Bertrand Blessing et Mathieu Ben Hassen sont là, et on doute quand apparaissent Romie Estèves (chant) Lucie Emeraude (chant) Clara Ducos (violoncelle) Margaux Bergeon (violon). Elles ont l’air là, mais elles sont virtuelles. La création vidéo de Benjamin Nesme est totalement époustouflante et hypnotique.

Camille Rocailleux passe son temps à décloisonner les genres du spectacle. L’artiste associé depuis trois saisons à la Comédie de Poitou-Charente essaie ici de diffuser de la philosophie à la façon d’une conférence Ted. On voit apparaître Edgar Morin, quelques phrases appartenant à une pensée large, ici réduites à des punchlines sur la complexité. Il en va de même avec Pierre Rabhi, ou Stéphane Hessel dont les idées ne sont pas simples et qui ici, sont minimisées. Il y a beaucoup de témoignages qui sont livrés, toujours en vidéo ou en script, issus de Tous-les-internets, « le webmagazine d’ARTE où les internautes contre-attaquent ». On y croise des initiatives superbes comme Fatoumata Chérif qui se prend en photo devant des ordures, en Guinée, pour que la capitale redevienne propre.

L’idée que chacun peut agir, que la fatalité n’existe pas est louable et belle, mais ici, le spectacle utilise ce qu’il dénonce et cela est troublant. La rapidité des exemples donnés provoque une sensation de manichéisme qui vient éteindre le fond du propos. Reste la forme du spectacle, tout à fait innovante, qui montre que le numérique n’est pas gadget, et qu’il peut augmenter la réalité en la magnifiant.

Muances vaut pour son aspect concert réel et virtuel tout à fait élégant et pertinent.

Informations pratiques :

Au Théâtre Dunois, 7 rue Louise Weiss, 75013, Paris M Chevaleret.

Tout public :
Jeudi 1er février 2018 à 19:00

Vendredi 2 février 2018 à 19:00

Samedi 3 février 2018 à 18:00

Dimanche 4 février 2018 à 16:00

Scolaire :

Jeudi 1er février 2018 à 14:30

Vendredi 2 février 2018 à 14:30

Durée 75′

Visuels : Autorisation Compagnie E.V.E.R

Infos pratiques

Théâtre BO Saint Martin
Caves Mercier
Le Bozec-Virginie

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