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« Les jardins secrets de la Dame à la licorne », une immersion sensorielle dans la tapisserie emblématique du musée de Cluny

« Les jardins secrets de la Dame à la licorne », une immersion sensorielle dans la tapisserie emblématique du musée de Cluny

04 janvier 2019 | PAR Magali Sautreuil

Chef-d’œuvre de l’art occidental, la « Dame à la licorne » est une œuvre complexe, dont le foisonnement des détails est propice à stimuler l’imagination des petits et des grands. C’est d’ailleurs ainsi qu’est né le spectacle « Les jardins secrets de la Dame à la licorne », par amour pour cette tenture, que les auteurs ont si souvent contemplée au musée de Cluny.

Camille est une enfant rêveuse et solitaire, qui adore inventer des histoires et aller au musée. Son préféré est celui de Cluny, où elle peut rendre visite à sa grande amie : La Dame à la licorne. Elle peut admirer sa tenture des heures durant, à s’imaginer mille aventures !

En jour, elle prit le risque de l’effleurer, alors que cela est formellement interdit, et se trouva entraîner, comme par magie, à l’intérieur de l’œuvre.

Là, peinant à réaliser ce qui venait de lui arriver, elle fut frappée par la beauté des lieux. Mais qui ne le serait pas ? Ces tapisseries dites « mille fleurs », caractéristiques de la fin du Moyen Âge, présentent toutes une flore et une faune abondantes ! Dans ce jardin paradisiaque, qui invite à la contemplation, Camille est interpellée par le moindre détail : des arbres qui parlent, des animaux fantastiques qui ont chacun leur propre pouvoir (de timides lapins, des chiens fidèles, de doux agneaux, d’élégants hérons, des lions protecteurs, des licornes à la fois farouches et symboles de pureté…), des fruits et des fleurs comestibles au délicieux parfum… Tous ses sens sont ici en éveil !

C’est d’ailleurs ainsi que l’on interprète ces tapisseries tissées vers 1500, comme une allégorie des cinq sens : le toucher, l’odorat, le goût, l’ouïe et la vue. Quant à la sixième et dernière pièce, qui porte l’inscription « Mon seul de?sir », elle ferait peut-être référence à un sixième sens cachée, qui serait soit d’ordre spirituel, soit en lien avec nos émotions et notre cœur. C’est par cette sixième tapisserie que Camille est arrivée sur l’île de la Dame à la licorne. Cela n’est sûrement pas un hasard. C’est peut-être une invitation, pour le public et la jeune fille, à regarder au-delà des apparences, à prendre le temps de percevoir et de comprendre les choses qui nous entourent, pleinement, avec tous nos sens, pour profiter intensément de chaque instant.

C’est en tout cas ce que la Dame à la licorne va essayer d’enseigner à Camille. Elle va lui apprendre, ou plutôt lui réapprendre, à toucher, sentir, goûter, entendre, voir et surtout s’émerveiller, en la guidant à travers son jardin des cinq sens.

L’enthousiaste et enjouée Camille va ainsi suivre sa douce et charmante amie dans les méandres de son domaine. Afin d’éveiller ses autres sens, la Dame à la licorne lui demande à maintes reprises de fermer les yeux. Mais jamais elle ne cherche à imposer des choses à sa visiteuse. Maligne, elle invite Camille à découvrir ce qui l’entoure en s’amusant. Ainsi, pour développer son toucher, elle lui propose de jouer à Colin-Maillard. Pour découvrir les mille senteurs que renferment son jardin, elle tente de lui faire reconnaître les différences essences rien qu’en les humant. Elle éveillera son amie également à de nouveaux goûts en lui faisant déguster des fleurs comestibles. Et, si vous êtes sages, vous-aussi, vous pourrez peut-être en découvrir la saveur…

Car c’est aussi à vous que la Dame à la licorne s’adresse. Sans vous en rendre compte, vous-aussi avez été aspirés à l’intérieur de l’œuvre. Les différentes tapisseries qui la composent sont projetées sur le fond de la scène, ce qui donne l’impression d’être réellement à l’intérieur de l’œuvre. Ce sentiment est renforcé par les sons de la nature et la douce musique médiévale qui nous enveloppent. De quoi accroître notre fascination pour la Dame à la licorne.

Et si, comme Camille, vous êtes tombés sous le charme de cette charmante demoiselle, vous pouvez lui rendre visite au musée du Moyen Âge, situé dans l’hôtel de Cluny, à Paris, où se tient également, du 14 juillet 2018 au 25 février 2019, l’exposition Magiques licornes. Un livre illustré, adapté du spectacle, sera aussi bientôt disponible.

Les jardins secrets de la Dame à la licorne, d’Agnès et Lexia Bonnaud, mis en scène par Mo Varenne, le 24 décembre 2018, à 16 heures, puis du 31 décembre 2018 au 5 janvier 2019, du lundi au samedi, à 16 heures, au théâtre de Nesle, à Paris. Durée : 40 minutes.

Infos pratiques

Théâtre El Duende
Granville Gallery
David Rofé-Sarfati
David Rofé-Sarfati est Psychanalyste, membre praticien d'Espace Analytique. Il se passionne pour le théâtre et anime un collectif de psychanalystes autour de l'art dramatique www.LautreScene.org. Il est membre de l'APCTMD, association de la Critique, collège Théâtre.

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