Jeune Public

« Léonie et Noélie », Karelle Prugnaud hisse le jeune public très haut au Festival d’Avignon

« Léonie et Noélie », Karelle Prugnaud hisse le jeune public très haut au Festival d’Avignon

18 juillet 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Karelle Prugnaud met en scène et en mouvements le triste et riche texte de Nathalie Papin dans la belle chapelle des Pénitents Blancs transformée en aire de jeu assez folle.

Cette création pour Avignon, c’est important à souligner car rare, donne vie à ce récit qui a reçu le Grand Prix de la littérature dramatique jeunesse 2016. Karelle Prugnaud nous raconte l’histoire de deux jumelles, Léonie et Noélie. Nous les rencontrons sur les toits de la ville, alors qu’elles viennent de mettre le feu à leur foyer. La scénographie est folle pour un jeune public. Des échafaudages à différents niveaux prennent tout l’espace du plateau et sur les piliers les plus proches de la scène (oui c’est une chapelle, rappelons-le !), des écrans vont faire apparaître les adultes. En mère indigne, Claire Nebout, en agent de sécurité, monsieur Denis Lavant, en juge bien méchant, Yann Colette et en maître d’école, Bernard Menez. People !

Sur scène, Daphné Millefoa (Noélie) et Justine Martini (Léonie) croisent les « acrobates freerun » Simon Nogueira et Yoann Leroux. Elles sont assez flippantes dans leurs tenues d’écoles privées et le regard fort noir. La pièce soulève beaucoup de questions : Qu’est ce que l’abandon ? Comment se séparer de son jumeau (et plus largement de sa fratrie)? La fuite est-elle une solution ?  Comment se venger ? Elle s’adresse à des enfants d’école primaire, tourmentés de façon permanente par cela.

On reste scotchés devant l’occupation de l’espace à … 360 degrés. Ces gars-là n’ont pas peur du vide et n’hésitent pas à faire de la varappe dans la chapelle. On avance dans cette histoire au départ chevaleresque qui se transforme en nuit sans retour, bien différente de celle de Monsieur K, quoi que ! Il  y a du fantastique aussi ici, et on ne sait pas ce qui est rêve ou pas. Les jumelles passent un pacte fou qui les mène à une perte. Laquelle ? A l’imaginaire de se faire une idée mais nous ne sommes pas optimistes. Nous sommes dans l’essence fondatrice des contes où toujours les parents abandonnent leur enfants, volontairement (Le petit poucet), ou non (Cendrillon). Les gosses ont cela en tête même si à huit ans, c’est le début de la fin pour eux. C’est aussi cela que raconte Léonie et Noélie, le tout premier pas vers le grand saut qui mène à la fin de l’enfance.

Du 16 au 23, à 11h et 15h, relâche le 19. Aux Pénitents Blancs.

Visuel : Léonie et Noélie – Karelle Prugnaud – © Martin Baebler

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

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