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Le petit chaperon rouge, le grand spectacle de Das Plateau

Le petit chaperon rouge, le grand spectacle de Das Plateau

18 juillet 2022 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Qu’allait faire ce collectif si proche des arts visuels du célèbre conte des Grimm ? Et bien une œuvre d’art vivante. Énorme coup de cœur pour ce Chaperon très actuel qui sera en tournée en France dès septembre.

Il était une fois… Non, ça ne commence pas comme ça. Tout commence dans le noir par une question : comment représenter le lever du jour ? Pourquoi cette question ? Peut-être parce qu’il faut tirer des leçons des coups durs que la vie met sur les chemins des filles, souvent, pour qu’elles ne soient plus des petites filles enrobées dans des jolies capes rouges mais des battantes aux allures de louve. C’est cela que nous raconte ce Chaperon là.

Ce chaperon là car il y a eu des mises en scène de ce populaire conte des Grimm. La plus mémorable étant celle, glaciale et en noir et blanc, de Joel Pommerat. Das Plateau, qui est, rappelons-le, un collectif créé en 2008, réunissant Céleste Germe, architecte, metteuse en scène, Maëlys Ricordeau, comédienne, Jacob Stambach, auteur, compositeur et Jacques Albert, auteur, danseur, choisit de placer le conte dans un décor en vidéo et en miroir.

L’histoire est comme décuplée, tout comme le sont les points de vue et les niveaux de lecture du conte dont on vous épargnera le résumé. Antoine Oppenheim et Maëlys Ricordeau sont à la fois les récitants et les personnages. Il et elle sont à la fois des adultes et une petite fille. Le texte des Grimm est décalé par les mots d’Olivier Cadiot, le rendant encore plus d’aujourd’hui.

La scénographie nous plonge vraiment dans la forêt. Nous avançons pétris de peur, puisque nous savons qu’il est dangereux pour une petite fille de se promener seule dans la forêt, « la forêt profonde ». Ce qui doit arriver arriva, et comme le veut le conte, tout finit bien.

Le loup a tout d’un vieux dégueulasse très humain qui s’effondre en ronflant « après avoir assouvi ses désirs ». La pièce se place du point de vue féministe pour dire qu’à l’avenir, la petite fille et sa grand-mère n’auront besoin que d’elles-mêmes pour chasser les prédateurs.

C’est d’une puissance inouïe. La pièce se donne à partir de 4 ans et elle jouera notamment à Paris du 24 au 26 novembre à la Villette.

Visuel ©Christophe Raynaud de Lage

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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