Spectacles

James Thierrée est Raoul

James Thierrée est Raoul

18 février 2018 | PAR Marie Boëda

James Thierrée est seul sur scène dans « Raoul ». L’inventeur du théâtre onirique nous emmène une nouvelle fois dans son monde imaginaire.
Jusqu’au 21 février au Théâtre 13e art, place d’Italie.

Bienvenue (ou pas) dans le monde apocalyptique de Raoul. Le décor,  fait de bric et de broc est confectionné par Victoria Chaplin. Des bâtons de bois, des morceaux de ferraille et de vieilles voiles blanches aux allures de toiles d’araignées. Raoul est d’abord confronté à son double, qui part finalement. Sa seule compagnie sera une bestiole étrange, rampante qui quémande auprès de lui. Interprétation libre et variée. Raoul est- il schizophrène, emprisonné, un Robinson ? Un peu tout sûrement.

Dans sa dernière création, « Tabac Rouge », James Thierrée n’apparaissait pas, c’est avec plaisir qu’on le retrouve sur scène. Il raconte, dans une interview, qu’il se sent moins vigoureux qu’avant, il s’attache donc à d’autres choses pour son spectacle. Un peu moins de force physique, mais un jeu ponctué de détails souvent drôles et saugrenus. Son imitation du cheval rend le public hilare. Son « sketch » avec le livre reflète bien l’image de Raoul. N’arrivant pas à lire, il change de position constamment. Ce n’est évidemment pas la position le problème mais lui. Ses talents de mime et son théâtre physique lui donnent sa singularité.

C’est avant tout la solitude qu’il réussit à nous transmettre. Il tente de s’occuper, écoute de la musique, mais celle-ci déraille au moindre mouvement. Rien ne va en fait. Il détruit tout petit à petit pour finalement se mettre à voler avec une lampe frontale comme seul éclairage. On aurait envie d’essayer.

En même temps acteur, acrobate, mime et poète, le petit-fils de Charlie Chaplin conserve une présence magnétique sur scène, authentique et drôle. La pièce a été créée le 28 avril 2009 au Théâtre Royal de Namur, en Belgique. On dit que ce n’est pas la meilleure, il y a certes quelques longueurs. En attendant, ses créations sont, jusqu’à aujourd’hui, irremplaçables. Faire rire et pleurer, réussir à nous emmener loin, seul sur scène, sans rien dire, juste en mimant, soutenu seulement par un décor, c’est du talent.

(c) Richard Haughton

Entre profane et sacré, INTI illumine Paris
Le forum des images menacé ?
Marie Boëda

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *