Humour

STAN : “On a tous quelque chose en nous de De Vinci”

STAN : “On a tous quelque chose en nous de De Vinci”

14 novembre 2017 | PAR Eloise Bouchet

« L’art, c’est la liberté. La liberté, vous l’enfermez sous une vitre blindée ? », s’interroge Stan incarnant La Joconde, prisonnière au Louvre. Cette liberté, le comédien la chérit, au point d’en faire l’architecture de son spectacle, « Quelque chose en nous de De Vinci »: une architecture sans plan, sans règle, sans calcul mathématique, mais parfois un peu brinquebalante.
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Des tableaux qui réclament leur liberté, des mots qui veulent faire entendre leur droit, des numéros de Moonwalk à la gloire de Michael Jackson (Stan est un excellent danseur), un cours de théâtre pour enfants dont Stan était le débordé professeur… Sous-tendues par le postulat de la « liberté créative », les scènes du spectacle sont aussi éclectiques qu’originales. L’artiste fait même intervenir un «Professionnel de la Profession » qui, bousculé, se plaint que le spectacle ne rentre dans aucune case. Mais Stan ne se prend-il pas à son propre piège ?

Partant d’une réflexion sur l’art, et plus particulièrement sur la liberté dans l’art, mais aussi sur la condition féminine, la Joconde et la Vénus de Milo se font les chantres d’une liberté à tout prix. C’est bien vu, et bien écrit. Le langage, lui aussi, a droit à son plaidoyer : Stan met en corps certains mots, par exemple le mot « Wesh » qui estime avoir autant sa place dans le dictionnaire que n’importe quel autre mot, mais aussi les signes de ponctuation, comme les trois points de suspension, incarnés par un personnage bondissant, qui se définit comme « ambigu ». C’est amusant, sans être le point culminant du spectacle. L’idée la plus brillante semble être la scène où l’artiste, enceint(e), déclame la tirade de Cyrano, en parlant de son ventre gonflé, et non de son nez. On regrette néanmoins que, tel Cyrano, les textes littéraires qu’il convoque, soient les incontournables, les plus vus et entendus: le Dormeur du Val, Macbeth….

Il y a dans ce spectacle de vraies pépites et trouvailles, mais restent néanmoins quelques fragilités au niveau formel : les transitions sont trop souvent approximatives et, si tous ces personnages sont très bien interprétés, certains ne sont qu’effleurés, manquant d’épaisseur, notamment les employés des Galeries Lafayette. On aimerait mieux les connaître, et on se demande parfois: sont-ils de simples prétextes pour que le comédien nous dévoile la palette de son jeu ?

Sensible et touchant, Stan offre ici un spectacle accessible qui pose bien des questions : la culture n’est-elle pas la condition nécessaire à la liberté ? Ne perd-on pas cette dernière inéluctablement dès lors que l’on se laisse étiqueter ?

Et surtout…

A-t-on le droit de danser le Moonwalk quand on est DRH ?

Une pièce écrite et jouée par Stan
Mise en scène par Elsa Granat
Au théâtre de La Nouvelle Seine,
Les mardis, à 20h

Eloïse Bouchet.

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Eloise Bouchet

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