Humour

Un spectacle drôle… mais pas que de Marina Rollman au Théâtre du Marais

Un spectacle drôle… mais pas que de Marina Rollman au Théâtre du Marais

15 octobre 2018 | PAR La Rédaction

La « petite suisse » de la Bande Originale sur France Inter, l’éternelle cernée fan des Spice Girls, aussi à l’aise devant un match de foot que dans les allées d’Art Basel, Marina Rollman, remonte seule en scène au Théâtre du Marais pour un spectacle drôle, et avec une feinte légèreté, nous révèle, par son prisme de « bobo de gauche », les aberrations de notre quotidien. Subtilité, saveur et puissance : comme un chocolat suisse, on consomme sans modération et on en redemande…

Par Pascal Gauzes

Pantalon noir taille haute, chemisier blanc, un hybride entre la demie-queue et le palmier en guise de coiffure, le pied de micro laissé de côté : ce ne sont ni la mise en scène ni les costumes qui font le spectacle. L’humoriste de Genève fait face à son public en mode #nofilter. Voix fluette qui contraste avec un flux digne de tirs en rafale, on est tout de suite conquis par cette trentenaire qui s’affiche crânement comme une « bobo de gauche » .

Si les éclats de rire arrivent dès les premières minutes, montrant à quel point, nous, Français, nous pouvons nous rouler dans la fange de notre gloire passée, certaines saillies drolatiques prennent une dimension presque « dramatiques ». Car force est de constater que Marina Rollman ne se contente pas de dépeindre le réalité, elle la dissèque avec une grande finesse et, de fait, peut se permettre d’aborder des sujets, à première vue complexes, comme la dépression ou le féminisme (entre autres…) sans complexe et surtout sans faute de goût.

Une heure qui passe vite, très vite, trop vite, car l’humoriste ne tombe pas dans les clichés du stand up en faisant faussement interagir la salle, mais sait, avec une décontraction déconcertante, remettre en place cette demoiselle du premier rang qui n’a pas pu s’empêcher de regarder son portable, probablement pour mettre sur un groupe WhatsApp qu’elle s’éclate et que ses copines auraient dû venir plutôt que de préparer un plan foireux pour un quelconque EVJF.

En nous remerciant d’avoir eu le courage de venir dans une salle alors que nous aurions pu rester en slip devant Netflix regarder d’autres humoristes beaucoup plus talentueux qu’elle, Marina Rollman nous fait simplement le cadeau absolu de nous dépeindre une copine intarissable qui dans la vraie vie serait juste insupportable, mais qui cache une jeune femme fine, réservée, borderline introvertie, qui se transcende sur scène, et qui, contrairement à son personnage, est probablement la meilleure amie dans la « vraie vie » qu’on rêverait d’avoir.

Bref, à la sortie, ce qu’on attend avec impatience, c’est une plus grande salle et un spectacle d’une heure et demie. Mais, comme on dit côté français, le bon vin se bonifie avec l’âge, de l’autre côté du Léman, on considère il n’y a pas le feu au lac. Erreur ! Courrez-y avant de ne regretter que ça ne soit toujours complet.

Visuel : Affiche du spectacle et photo© Laura Gilli 2018

Affordable solution for better living, Théo Mercier et Steven Michel
Les danses de travers de Christian Lhopital envahissent les murs du Drawing Lab pour un « Voyage léger » et « une pensée sombre »
La Rédaction

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *