Humour
Les mots s’improsent : l’envolée lyrique et comique de Félix Radu

Les mots s’improsent : l’envolée lyrique et comique de Félix Radu

09 novembre 2022 | PAR Lucine Bastard-Rosset

Depuis le 9 octobre, Félix Radu monte sur la scène du Théâtre de l’œuvre tous les dimanches soirs afin de présenter son tout premier spectacle : Les mots s’improsent. Un seul en scène brillant qui dévoile le génie littéraire d’un jeune homme drôle et émouvant.  

Félix Radu a entre 15 et 18 ans lorsqu’il écrit Les mots s’improsent. Alors qu’il se cherche encore, son goût prononcé pour la littérature le mène sur les pas de la dramaturgie. Ce seul en scène laisse transparaître avec beaucoup d’émotion le jeune adolescent qu’il était, tout en annonçant l’homme qu’il est devenu : une personne qui s’approprie le langage dans le but d’en faire résonner toute la richesse et la beauté.

Un jeune homme plein d’esprit

« Parler pour faire durer l’instant »… C’est ce que fait un homme face à la mort, quand il sent son heure approcher mais qu’il refuse d’être emporté. L’homme peut aussi sombrer dans la folie, être épris d’une fleur qu’il ne faut en aucun cas cueillir (sans quoi elle périt), ou encore décider de mettre fin à ses jours. Tant de mélancolie dans une vie, et de poésie. À travers des thèmes profonds et durs – la mort, le temps, l’amour, la folie -, Félix Radu tire de son écriture une soif de légèreté. Il épouse les mots et les déclame avec justesse et désinvolture, faisant ressortir leurs sonorités et leurs sens cachés. 

Les Mots s’improsent recèle de références littéraires : Shakespeare, Saint-Exupéry, Camus, Rilke. Félix Radu extrait de chacun de ces artistes des citations, il parle de leurs œuvres et on ressent dans sa voix le besoin qu’il éprouve de les citer : ces auteurs ont marqué sa jeunesse, l’ont construit, et sont aujourd’hui les fondations de son spectacle.

Un jeu du langage

Jouer avec les mots, les étirer, les remodeler, les déconstruire pour mieux les réinventer. Les Mots s’improsent est une valse du langage, un plaidoyer du parler. Chaque phrase est écrite autour d’allitérations, d’assonances, de rimes et il faut prêter une oreille attentive pour cerner toutes les nuances dans le langage éclectique de Félix Radu. Comprendre chacun de ses jeux de mots relève de l’impossible, ils abondent et nous enivrent de leur mélodie.

Sur scène, Félix Radu arbore un air enfantin un peu perdu. Il touche par la sincérité de son regard et malgré la timidité de son personnage, il s’empare de la scène pour faire rire. Comique de répétition se mélange au comique du langage, de caractère ou de situation. Félix Radu enchaîne des petites scénettes toujours plus drôles et plus le spectacle avance, plus on s’habitue à sa manière de manier la langue pour entrer dans son monde et ne plus le lâcher.

Félix Radu apparaît comme un comédien capable de multiplier les rôles en restant seul sur le plateau. Les ambiances lumineuses varient afin de créer des atmosphères et des espaces scéniques différents. Accompagné de sa seule valise, Félix Radu interprète plusieurs personnages sans jamais quitter son « lui » d’avant. Il dialogue ainsi avec la mort, une jeune femme, un professeur de musique ou devient Sisyphe, l’homme capable de soulever un rocher.

 

Les mots s’improsent est un spectacle à l’humour toujours plus poussé qui saura en faire rire plus d’un. Un seul en scène d’un jeune dramaturge et comédien de talent !

Au Théâtre de l’œuvre jusqu’au 18 décembre 2022

Visuel : © Glenn Michel

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