Humour
Alex Fredo, parrain du Catskills Comedy by JEM : « J’ai retrouvé les angoisses de mes débuts sur scène »

Alex Fredo, parrain du Catskills Comedy by JEM : « J’ai retrouvé les angoisses de mes débuts sur scène »

02 juin 2021 | PAR Yaël Hirsch

Humoriste, chanteur, musicien, Alex Fredo dévoies nos airs préférés pour nous faire rire. Il a marqué cette ère covidée avec ses vidéos, notamment un libdub de Jean-Jacques Goldman intitulé « Vaccinez-moi » et reprend le chemin de son solo show au Fridge à la Rentrée. Il est également le parrain du nouveau tremplin d’humour incontournable : Le Catskills Comedy by JEM et sera présent pour jouer et encourager les jeunes talents qui seront sur la scène du Centre rachi le jeudi 10 juin à 21h. Rencontre avec un artiste irrésistible et … angoissé !

Quel effet cela fait-il de remonter sur scène après ces mois de silence ?

C’est spécial. Je suis remonté sur scène, je joue tous les soirs depuis le 19 mai et c’est très réjouissant. Mais aussi un peu effrayant. Je ne m’y attendais pas et j’ai un peu retrouvé les terribles angoisses du début, comme si j’avais perdu mes repères… Le stand-up, ce n’est pas comme le vélo, si on n’en fait pas, on est un peu rouillé. Je crois que nous ne sommes plus les mêmes qu’il y a un an et sur scène, il est nécessaire de prendre des risques. Du coup, en plus, pour bien reprendre mon spectacle en septembre au Fridge, j’ai besoin de me remettre en piste et de réactualiser mon spectacle. Je travaille plusieurs textes, dont un texte de stand up qui réunit tout ce qui m’est arrivé de fort cette année, pour la première fois. Je vois immédiatement que le public me rejoint et se connecte, mais il faut du travail et du courage pour être satisfait et vraiment faire rire.

Donc, jeudi 10 juin, vous vous sentirez proches des jeunes talents du Catskills ?

Nous allons en effet ressentir la même chose. Nous sommes tous un peu des débutants. Ce qui veut aussi dire que c’est un nouveau départ pour nous tous…

Justement, quand vous avez débuté, comment avez-vous décidé de faire de la chanson votre arme d’humour ?

C’est plutôt l’inverse. J’ai commencé comme chanteur mais pendant les concerts j’aimais parler au public et le faire rire, j’improvisais sur des chansons. Et parfois cela durait bien trop longtemps au goût de mes collègues musiciens. J’ai réalisé que j’aimais bien faire rire les gens et c’est comme cela que je suis passé à l’humour.

La chanson est encore au programme, rassurez-nous, dans vos prochains projets ?

Oui en plus de retravailler le spectacle, je compte poster d’autres vidéos avec des parodies sur internet. C’est quelque chose qui m’amuse beaucoup.

Vous êtes le parrain de la nouvelle scène d’humour parisienne : le Castkills Comedy by JEM. Est-ce important l’existence d’un nouveau tremplin ?

C’est hyper important. Il en faut et il n’y en aura jamais assez. Un débutant a besoin de visibilité pour donner confiance aux programmateurs et commencer à tourner dans des comedy clubs repérés. J’ai accepté avec joie d’être parrain car je sais ce que c’est que de commencer et j’aurais aimé trouver un tremplin comme le Catskills Comedy Club.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui montent sur scène pour la première fois le 10 juin ?

Une première fois, c’est peu traumatisant dans le bon sens et le mauvais sens du terme. C’est un moment important car l’on comprend ce que c’est que ce métier : le rire du public, faire rire au-delà de son cercle proche, avec aussi la peur d’être jugé…. J’ai envie de leur dire : profitez de ce moment, lâchez prise et profitez-en au maximum !

Le Catskills Comedy by JEM interroge l’humour juif. Mais au fait c’est quoi l’humour juif ?

Et bien justement, nous parlions d’anxiété tout à l’heure… (rire). De mon côté, si j’ai fait certaines scènes en Israël où j’ai pu proposer de l’humour un peu plus communautaire, je ne parle pas du fait que je suis juif sur scène. Si je dis « je suis juif », des gens dans la salle vont penser « je ne le suis pas ». Je suis très fier de mes origines et mon identité mais sur scène je cherche à fédérer, à amener les sujets qui nous unissent. Quant à l’humour juif, pour moi, je dirais que c’est une bonne dose d’autodérision, de la subtilité et la capacité de prendre du recul par rapport à soi. C’est une capacité à rire de soi…

Photo © Louis-Charles Dumais.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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