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Grand ReporTERRE #3 : Rendez-vous au Burkina Faso

Grand ReporTERRE #3 : Rendez-vous au Burkina Faso

12 juillet 2021 | PAR Juliette Sergent

Les artistes se livrent à l’ENSATT pour le Grand ReporTERRE #3, où l’histoire du Burkina Faso est racontée à travers les textes de grandes figures africaines. Une prestation enrichissante mais qui manque de rythme.

La salle de l’ENSATT est intimiste. Quelques sièges font face à une scène éclairée, où deux tables jonchées de notes et un écran blanc suspendu n’attendent plus que l’entrée des artistes. L’auteur, metteur en scène et directeur du festival Les Récréâtrales de Ouagadougou, Aristide Tarnagda, le journaliste Boureima Salouka, et la comédienne, chanteuse et musicienne Alvie Bitemo prennent place sous les applaudissements. Avec le Grand ReporTERRE #3, la troupe s’est lancée un projet périlleux : partager et expliquer l’histoire du Burkina Faso.

Le théâtre comme espace de savoir

Le spectacle se définit comme « une expérience », nous explique d’emblée Aristide Tarnagda. Pour commencer, le public – assez réservé au premier abord – est convié à participer, en répondant à des questions d’histoire. Alvie Bitemo se met alors à chanter avant de pointer son doigt sur l’heureux participant. « Que s’est-il passé en 1850, en 1923 ou encore en 1968 ? ». Un excellent moyen pour captiver les spectateurs, dont les langues se délient, et (re)découvrir les grandes figures qui ont marqué l’histoire de l’Afrique. Nous sommes presque tentés de sortir un calepin et de prendre des notes. Cette « expérience » instaure une relation entre le spectateur et le comédien, rendant le moment plus intime. Pourtant, la seconde partie de la prestation a tendance à briser ce lien, encore fragile.

Un format trop ambitieux

En 1 h 15 de prestation, l’objectif était aussi de retranscrire les luttes et initiatives populaires qui animent l’histoire et l’actualité burkinabés, en s’appuyant sur les écrits et discours de deux grandes figures du pays, le président Thomas Sankara et le journaliste Norbert Zongo. Leurs textes sont également tressés avec ceux d’auteurs contemporains africains comme Felwine Sarr et Sinzo Aanza. Ainsi, les artistes et journalistes vivent ces écrits sans (trop) de bafouillage. Si ces textes nous donnent envie de cultiver notre connaissance de l’histoire du Burkina Faso, leurs lectures font parfois perdre le rythme de la prestation. Les artistes ne relèvent que très peu la tête vers le public, laissant leur regard sur leurs notes. Face à ce manque de contact, le public se perd doucement dans la pénombre. En revanche, l’intention de donner aux spectateurs un savoir riche et complexe est extrêmement louable, mais la longueur des textes et le manque de dynamisme en exclut doucement une grande partie.

Grand ReporTERRE a de belles idées, avec de belles valeurs, mais propose un format beaucoup trop dense pour 2 h 30 de représentation. La prestation aurait certainement été davantage percutante en 1 h 15, l’heure annoncée initialement. La chanteuse Alvie Bitemo saura tout de même entrainer les spectateurs avec ses instruments de musique et sa belle voix. Un soleil dans cette sombre atmosphère.

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Juliette Sergent

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