Danse
Voyage en terre de feu: le tango mis à l’honneur au Théâtre du Châtelet

Voyage en terre de feu: le tango mis à l’honneur au Théâtre du Châtelet

20 juin 2011 | PAR Alienor de Foucaud

Du 15 octobre au 2 novembre 2011, le Théâtre du Châtelet nous plongera dans l’ambiance électrique des quartiers populaires de Buenos Aires, offrant un retour aux racines du tango. Tanguera est une comédie musicale ou? la fougue et la sensualité s’incarnent dans la danse et le chant.

Le spectacle relate l’histoire de Giselle, une jeune Française débarquant en Argentine avec la première?re vague d’immigration au début du XXe siècle. Appâtée par Gaudencio, un voyou qui se livre au trafic de drogue et au proxénétisme, elle fait la rencontre, de?s son arrive?e a? Buenos Aires, de Lorenzo, un jeune docker, qui s’éprend d’elle.
Comme beaucoup immigrés a cette époque, la jeune fille doit se battre pour survivre et se voit contrainte de se livrer à la prostitution dans un bar de seconde zone tenu par Gaudencio. Alors qu’elle se transforme en une tanguera accomplie, devenant rapidement la vedette du cabaret, le jeune docker met tout en œuvre pour conquérir sa belle.

Voici donc la première comédie musicale qui revendique ce passage du spectacle traditionnel du tango au récit d’une histoire simplissime où manichéisme et machisme se conjugueraient allègrement en clichés universels sur l’origine de cette danse à la fois résolue et lascive. Tanguera ou l’addiction au tango est en soi une invite à pénétrer les bas-fonds occultes qui ont fait émerger l’énergie d’une plainte charnelle au rang d’art chorégraphique dont l’Argentine peut s’enorgueillir à juste titre.

Sans recherche d’esbroufe spectaculaire, c’est la poigne sensuelle des corps s’interpénétrant au cordeau qui vont faire écran à toute diversion rédhibitoire et c’est dans la tension progressive des caractères affûtés à l’extrême que s’affronte la ferme souplesse des muscles pour toute réponse aux âmes en quête de dépassement de soi.

Entreprenant une tournée mondiale après dix-huit mois d’affiche à Buenos-Aires, ce show s’approprie, spécialement pour sa halte à Paris, un orchestre live discrètement installé avec ses treize instrumentistes en fosse d’avant-scène pour le plus grand profit des vingt-trois comédiens-danseurs dont une chanteuse et uniquement trois chansons.

Est-il indispensable d’être né en Argentine pour ressentir ce qu’est le tango, comme l’affirmait Astor Piazzola ? Certains trouvent le tango provocant, pour d’autres c’est une révélation : « jamais l’amour n’est aussi intransigeant que dans cette danse, ni la tragédie si belle que dans cette musique. Ce que nous aimons dans le tango, c’est sans doute qu’il nous fait sortir de notre propre existence pour nous conduire a? la transcendance, nous emmener au-delà? de notre propre experience, et cela quelles que soient nos origines. » affirme Daniel Barenboim.

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