Danse

Quand les Via Katlehong invitent Gregory Maqoma : « Via Kanana » un message d’espoir dansé

Quand les Via Katlehong invitent Gregory Maqoma : « Via Kanana » un message d’espoir dansé

08 décembre 2017 | PAR Diane Royer

Les danseurs de la compagnie des Via Katlehong Dance invitent le danseur et chorégraphe Gregory Maqoma pour leur dernière création, « Via Kanana », à découvrir du mercredi 6 au samedi 9 décembre, à la Grande Halle de la Villette, Paris.

« Corrupt » le premier mot est lâché, sur un écran blanc, tandis que les danseurs commencent à se mouvoir. Sur l’écran blanc, apparaît à nouveau un message : « Le seuil de tolérance pour la corruption est étonnant en Afrique ». Les Via Katlehong dénoncent, en effet, la corruption en Afrique du Sud, mais également sur l’ensemble du continent africain. Selon Maqoma, « La pièce est une réflexion et un commentaire sur la situation politique et sociale en Afrique du Sud ». En Français, le terme est équivoque, traduisible à la fois par « corrompu » et « corrompre » ; aussi les Via Katlehong dansent-ils la corruption pour la combattre, pour l’exorciser. « Via Kanana » fait suite au spectacle « Via Sophiatown » qui traite du même sujet.

Créée en 1992 la compagnie de danse prend le nom de Katlehong en référence à l’un des township les plus dangereux d’Afrique du Sud. Ces ghettos dans lesquelles la population noire est forcée d’habiter durant l’Apartheid constituent le lieu de naissance de danses de rue, de danses contestataires.

La compagnie de danse se forme  dans ce contexte également pour lutter contre la violence et la corruption, pour tenter de sauver les plus jeunes de la drogue en les faisant danser. Dans un rythme endiablé, les Via Katlehong mêle la Pantsula, le Gumboot avec une incroyable énergie. Ces danses empruntent des accessoires, des gestuelles ; le Gumboot reprend, par exemple, une danse de mineurs à base de frappes sur les cuisses et les mollets que l’un des danseurs effectue jusqu’à, semble-t-il, l’épuisement. Issues de la société Sud-Africaine ces danses incarnent, plus qu’une revendication, elles sont un mode de vie.

Si la danse des Via Katlehong intègre un style vestimentaire, des sifflements, un parler, elle rejoue des scènes de la vie quotidienne, tantôt émouvantes comme une scène d’amour, tantôt effroyables comme une scène de viol. « Via Kanana » c’est aussi des moments d’humour et des « morceaux » de danse magnifiques. Le spectacle alterne entre des scènes d’harmonie, durant lesquelles les danseurs se meuvent d’un même pas, et des scènes de chaos et de déchirements où les hommes, aveuglés, sont soudain pris du mal de la corruption.

Entre représentation et réalité, il n’y a qu’un pas. Les silhouettes des danseurs s’inscrivent sur un écran blanc placé sur scène et donnent l’impression d’une foule. Durant le spectacle, des photographies de paysages sont projetées sur l’écran, comme un rappel pour le spectateur que la pièce s’appuie et dénonce la réalité sociale et politique de l’Afrique du Sud.

Au-delà de la protestation, « Via Kanana » est un hymne à l’espoir. Maqoma explique que Kanana évoque en langue sotho une terre sans corruption, mais utopique. « Via Kanana » représente ainsi la recherche d’une terre promise véritable.

Présenté en novembre dernier à la Maison de la Danse de Lyon, « Via Kanana » sera joué le 2 février prochain à la Maison de la Musique à Nanterre.

Visuels : Images officielles du spectacle à la Grande Halle de la Villette

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