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Tout commence en Finistère, Aurélien Richard au Musée de la Pêche de Concarneau

Tout commence en Finistère, Aurélien Richard au Musée de la Pêche de Concarneau

24 juin 2021 | PAR Nicolas Villodre

La célébration du soixantenaire du Musée de la Pêche de Concarneau est l’occasion de découvrir ce lieu de mémoire halieutique, premier du genre en France. Nous nous faisons ici l’écho d’une partie des festivités à son programme cet été.

La sardine en son conservatoire

Le musée concarnois fut inauguré en juillet 1961. Il fut fondé par Charles Viaud, artiste-peintre, Marcel Chevannes, associé dans l’Armement Chevannes-Merceron-Ballery et Émile Le Tendre, libraire et imprimeur, féru d’histoire locale. Une chapelle de style roman tardif, nous a-t-il semblé, détournée de sa destination première, transformée par les Révolutionnaires en salle de réunion et, par la suite, en armurerie, caserne puis école publique, abrite désormais partie de sa collection. Part belle est faite à la sardine, à la bretonne qui, malgré son calibre gidouillard, n’a jamais bouché le port.

D’autres espèces, comme le thon, le germon plus particulièrement, sont honorées, qui ont donné du travail à des milliers de familles entre la pêche, la construction navale, la corderie, le voilage et la conserverie. Une raie est pour la première fois exhibée, sortie des réserves et du contexte séculaire, métamorphosée en sordide ou morbide amulette, séchée, naturalisée, défigurée, vampire plus horrifique que celui immortalisé par le film surréel de Jean Painlevé. Cette chimère a pour nom Jenny Hanniver, qui sonne comme « jeunesse d’Anvers », provenance de nombre de marins. Une gigantesque machine à coudre, posée sur sa table de dissection, eût dit Ducasse, de type Singer, griffée Beyroux, objet d’art en fonte, a l’âge de la Tour Eiffel.

Ciné-opéra

Le musée accueille toutes sortes d’outils, de procédés, d’astuces et de stratégies comme l’usage de rogue destinée à piéger l’animal marin, à l’hameçonner, en même temps que les objets que d’aucuns considèrent comme moins utiles : les œuvres d’art. La crise de la sardine, en 1902-1904, donna lieu à la fête des Filets bleus, le plus ancien festival hexagonal, qui permit de venir en aide aux pêcheurs. Une magnifique lithographie d’Achille Granchi-Taylor représentant une sardinière est digne d’une affiche de Mucha. Cet été, ateliers et activités culturelles ont eu lieu ou sont encore prévus, notamment une résidence de la troupe théâtrale Du Grand Tout et la première de l’opéra documentaire d’Aurélien Richard, créé par la compagnie Liminaldans le cadre du projet « Témoins de la mer ».

Cette œuvre sera matérialisée par un film réalisé par Aurélien Richard, avec la collaboration du vidéaste Thomas Adam-Garnung, de l’assistant-chorégraphe Vincent Delétang, de l’ingénieur du son Vincent Isnard et des chanteurs Roxane Chalard et Mathieu Dubroca. Le premier acte est à base de collectage de voix du cru (celles de trois générations d’animateurs du musée, d’habitants, de témoins); le deuxième, dont on a eu un échantillon sonore, est musical, orchestral, pianistique, sous la lointaine influence de Gabriel Fauré; le troisième, purement chorégraphique. Le clip d’Aurélien Richard qui enrichira le musée portera l’empreinte de Jean Epstein, poète et ethnographe, « cinéaste breton » en quelque sorte, auteur du merveilleux court métrage Les Berceaux (1932).

Visuel : Musée de la Pêche de Concarneau © Nicolas Villodre

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Nicolas Villodre

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