Danse
Sidi Larbi Cherkaoui : création d’une nouvelle poétique du tango

Sidi Larbi Cherkaoui : création d’une nouvelle poétique du tango

29 novembre 2013 | PAR Mélanie Taverny

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Le chorégraphe belge Sidi Larbi Cherkaoui revient en France pour la 4ème année consécutive avec sa dernière création «Milonga». Il réinvente le tango à La Villette jusqu’au 7 décembre prochain et c’est accompagné de dix danseurs de tango de Buenos Aires, de deux danseurs contemporains et d’un orchestre live qu’il revisite la gestuelle du tango en combinaisons inédites.

C’est entre tradition et modernité que Sidi Larbi Cherkaoui réinvente un tango. Tango dos à dos, tango à trois ou à huit, tango en ronde ou au sol, toutes les combinaisons sont explorées et exploitées d’une façon encore inconnue. Différentes sortes de tango sont présentées et autour d’une sensualité et d’une précision, il nous transporte dans l’univers de la danse argentine. Le premier couple qui s’expose sur scène danse dos à dos mais dans un mouvement commun. Les danseurs, qu’ils soient à deux, ou à trois sont connectés et liés par les yeux et leurs mouvements. Cette danse qui s’exécute généralement à deux est illustrée par diverses combinaisons. L’orchestre qui joue en live dans un coin de la scène donne une puissante et une tension plus intense aux chorégraphies des danseurs. Le dynamisme de cette danse est exaltée par une précision de jambes qui s’entremêlent sans cesse dans une rapidité qui emporte le regard.

Le spectacle Milonga est composé comme une forme de tableau, où des saynètes en filigrane s’articulent entre elles avec les différents couples de duo, de trio…Les scènes se mélangent parfois et se défont dans un mouvement d’ensemble. La métaphore de la vie conjugale est illustrée par ces groupes de danseurs avec des éléments étrangers et dérangeant aux couples qui s’ajoutent pour former un trio. Des scènes de dispute ou d’amour sont également évoquées. Les danseurs imperturbables sont aériens autour de mouvements fluides  tout en légèreté. Sur la scène, une mise en abyme est présente tout au long du spectacle. Les couples et les trio se regardent eux mêmes danser autour de la scène et s’imitent dans une impeccable cohésion. La scène en miroir donne de la profondeur à la danse et à leur représentation.

Sidi Larbi Cherkaoui donne de la poétique à ces mouvements, à son tango. La fusion du tango est exprimée par des regards. Cette danse de relation entraine les couples qui dansent ensemble comme s’ils orbitaient les uns autour des autres. La tradition laisse place à la modernité et c’est parce qu’il pousse les identités, que la notion du couple même est bafouée. Les femmes dansent ensemble et les hommes aussi dans un même rapport. Le mélange et le croisement entre le tango classique et la danse contemporaine apporte un renouveau. L’exercice du contact contemporain se rapproche de celui du tango et ne forme qu’un dans une harmonie. Cherkaoui, crée une nouvelle poétique du tango qu’il transforme, modifie et confond avec d’autres danses et d’autres repères. Et c’est parce qu’il le fait admirablement qu’il donne un nouveau visage à cette danse; ainsi les initiés et les amateurs pourront se retrouver devant une performance qui nous tient tous en haleine pendant près d’une heure et demie.

Visuel : © Spectacle / Tristram Kenton

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Mélanie Taverny

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