Danse
Satchie Noro, Yumi Rigout, Sandrine Lescourant et Sylvère Lamotte à la Parenthèse [Avignon Off]

Satchie Noro, Yumi Rigout, Sandrine Lescourant et Sylvère Lamotte à la Parenthèse [Avignon Off]

16 juillet 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Vous le savez, depuis 7 ans , le Théâtre Louis Aragon et le Théâtre Gérard Philipe (auparavant, le Forum Blanc Mesnil, avant son odieuse fermeture) présentent à La Parenthèse des matinées de danse contemporaine au niveau ultra pointu.  Après le premier programme qui offrait deux très bons spectacles de Mélanie Perrier et Mickaël Phelippeau, le second programme (jusqu’au 21) invite Satchie Noro, Yumi Rigout, Sandrine Lescourant et Sylvère Lamotte.

mA, les relations mères-filles apaisées de Satchie Noro et Yumi Rigout

Elle (Satchie Noro) est toute petite, elle (Yumi Rigout) est immense. Elle est la maman de cette très grande fille qui a aujourd’hui 17 ans. Faire un pas de deux ensemble sur cette relation qui oscille entre amour et haine est tout le fil de la pièce. Osciller, ou plutôt balancer comme elles vont rapidement le faire, au sol pour atteindre de jolis tourbillons les forçant à avancer ensemble, sens dessus dessous parfois, au point de devenir un animal à huit pattes et à tête unique.

mA est encore en création et on sent encore quelques équilibres fragiles. Pourtant, la pièce sera à voir car elle témoigne de tous les actes que font les mères à l’attention de leur fille. Elles sont accompagnées par les riffs de Diego Aguirre.

Satchie Noro est une fidèle de la Parenthèse où l’année dernière elle poursuivait à coup de pelle Dimitri Hatton. 

Icône, la danse stand-up de Sandrine Lescourant

Celle qui dansait l’année dernière avec Amala Dianor revient ici comme chorégraphe et interprète. Dans cet extrait d’Icône, on se marre comme des petits fous face au plaisir de voir Aurélien Collewet, Sandrine Lescourant, Marie Marcon et Salomon Mppondo-Dicka jouer le jeu d’un faux bord de plateau. Ils répondent à des questions qui ne sont pas posées et cela les laisse sans voix. S’ensuit alors une satire de la société ultra connectée, branchée selfie et très encline à donner son avis. La danse est hip-hop, volontairement tremblante avec une théâtralité assumée. La chorégraphie de Sandrine Lescourant interroge la position du spectateur, en mettant la salle en abîme, nous regardons les danseurs assis en tailleur qui regardent Salomon Mppondo-Dicka faire un solo. C’est intelligent et fort rafraîchissant.

Les lyriques Ruines de Sylvère Lamotte.

Sylvère Lamotte a été interprète chez Preljocaj et il ne l’a pas oublié. Il propose pour Ruines un duo de portés avec Jérémy Kouyoumdjan. Stracho Temelkovslki est lui muni de deux guitares, une occidentale et un oud électrique. Il va jouer une litanie qui servira de toile de fond baroque aux différentes Pietà qu’exécutent les danseurs. La danse est ici très figurative, techniquement impressionnante car les portés, très physiques, se font au ralenti. Ils glissent de l’un à l’autre à la façon des images pieuses qui font descendre le Christ de sa croix. Ruines séduira les amateurs de danse très expressive.

Jusqu’au 21 juillet à 10h à la Parenthèse.

Visuel : ABN

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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