Danse

Rizzo et Sanchez, sombres rencontres chorégraphiques de Seine Saint Denis

Rizzo et Sanchez, sombres rencontres chorégraphiques de Seine Saint Denis

21 mai 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Un Rizzo peut en cacher une autre et la danse contemporaine peut se parer d’accents classiques. Cristina Rizzo et Sònia Sánchez ont toutes deux offert aux Rencontres chorégraphique de Seine Saint Denis une danse sombre et des qualités de corps époustouflantes

[rating=4]

Cristina Rizzo : La Sagra della Primavera Fear and Loathing in Las Vegas

Depuis 20 ans, la chorégraphe et danseuse Cristina Rizzo navigue entre dance et performance. En 2013, à l’occasion du centenaire du Sacre du printemps elle crée La Sagra della Primavera Fear and Loathing in Las Vegas, présenté ce soir dans le cadre des Rencontres. Il s’agit d’un solo, tout de velours fait. Velours des pendrillons, du costume, et hasard de l’affaire, des sièges aussi ! Elle danse dans la fumée, seule au monde et sans musique puisque cette dernière se trouve dans nos oreilles via des casques sans fil. Dans nos oreilles donc, le sacre, dans sa version Stravinski mêlée de sons : hurlements de loups, musique hawaïenne, voix d’enfants. L’idée est incroyable même si la réalisation manque de radicalité. Nous sommes isolés, elle aussi. Elle va changer pendant les 40 minutes que durent le Sacre. Gestes hip-hop qui la happent en arrière, mouvements techno ou de gogo. Sa danse se fait résolument urbaine et physique, allant à son terme jusqu’à l’enferment total qu’offre la gestuelle hard-rockeuse.

Sònia Sánchez El Ello. Le Ça

Le ça, le titre en appelle à la psychanalyse et à l’introspection et c’est à cela que la danseuse catalane invite. Pour ce faire, la dame brune s’accompagne d’un chanteur, Miguel Ángel Soto Peña « El Londro » et d’un guitariste électrique, David Soler. Elle s’offre à nous l’échine en avant, le visage invisible frôlant le sol.
Le noir et le rouge fusent, présents dans les éléments de costumes (les chaussures de la danseuse, la guitare du musicien..) dans une tension très dure et très profonde qui danse flamenco de façon faussement classique. Les samples live des taconeos et les alternances de mélancolie et de violence font de El Ello. Le ça une leçon de musicalité.
Sònia Sánchez pratique aussi le buto et la lenteur qu’elle emploie avant d’accélérer avec rage laisse le spectateur sur place. Comme aspiré par son fauteuil devant un déferlement de noirceur d’un tel niveau.

Visuel Une : El Ello – Sònia Sánchez // © Manuel Vizoso

Infos pratiques

Théatre Gérard Philipe
Comédie saint michel
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