Danse
Programme néo-classique, Étoile de l’Opéra

Programme néo-classique, Étoile de l’Opéra

12 octobre 2020 | PAR La Rédaction

Après le confinement et la retraite estivale, l’institution reine de l’Opéra de Paris signe un retour éclatant grâce à ses plus belles étoiles. Si un large répertoire virtuel pouvait délecter le spectateur confiné, Étoile de l’Opéra dit combien rien ne remplace le spectacle vivant.

Par Jasmine Ferrand

C’est comme si le confinement venait rappeler l’essentiel. Ici le décor est réduit à sa plus simple expression pour mieux mettre en valeur la symbiose des danseurs avec la musique. Une symbiose qui emporte le spectateur dans des variations aussi diverses que fantasmagoriques. Pour cette programmation aux accents néo-classiques, sept chorégraphes sont mis à l’honneur. William Forsythe, Jérome Robbins, Mikhail Fokine, Martha Graham, Hans Van Mannen, Alastair Marriott et John Neumeier ; tout autant de promesse de mouvements angulaires et d’articulations déliées. La cohérence des pièces successives tient à la déstructuration des formes rigides du mouvement classique. Avalanche de pieds flexs, de ports de bras tout en rondeur et de hanches désarticulées, Étoile de l’Opéra s’attache à un répertoire bien loin des tutus …

Une à une les étoiles se succèdent sur une extension de l’avant-scène. En résulte une proximité inédite, où chaque respiration des artistes est comme en suspension et happée par le spectateur (dans la limite de la distanciation sociale évidement). Cette proximité est aussi l’occasion de briser la barrière du personnage danseur. Au-delà du rôle qui incombe à l’étoile, ce spectacle permet aux artistes de transmettre, à la faveur de sourires éclatants, leur besoin, leur envie, leur plaisir de la danse et de la scène. Mis à nus, ils figurent en mouvement une sorte de délivrance, après huit mois de longue absence.

Époustouflants en duo sur une chorégraphie de Forsythe, les premiers danseurs Hannah O’Neill et Vincent Chaillet livrent une interprétation tout en subtilité d’Herman Schmerman. Leur jeu théâtral éclipse l’extrême difficulté technique proposée par le chorégraphe américain. Dans un pas de deux qui fait écho aux comédies musicales américaines des années 40, le couple se rencontre et s’apprivoise. Construite comme un hommage aux danseurs, la pièce permet aux deux artistes de déployer toute leur technicité et leur grâce au travers d’une opposition saisissante entre des lignes infinies et des courbes se repliant sur elles-mêmes.

Dans un autre registre, l’étoile éclatante de l’Opéra, Hugo Marchand, offre une performance sur la chorégraphie de Robbins, A suite of dances créée sur des Suites pour violoncelles de Jean-Sébastien Bach. À ses 76 ans, le chorégraphe redécouvre la musique du maître allemand. Elle deviendra la trame de cet autoportrait d’un danseur sur le tard. Seul, et plus encore lors de son duo avec la violoncelliste Ophélie Gaillard, le danseur paraît revivre grâce aux mouvements, comme s’il s’agissait de la plus pure expression de sa vitalité. Ce solo à l’apparence légère et fragile offre à l’artiste l’occasion de se réapproprier la scène. Hugo Marchand, comme Robbins, renaissent au travers de sauts enlevés et de respirations pleines.

Visuel : ©Svetlana Loboff

Infos pratiques

Elephant Paname
Kraspek Myzik
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *