Danse

Le trop plein déjà vide de  Mårten Spångberg à la Ménagerie de Verre

Le trop plein déjà vide de Mårten Spångberg à la Ménagerie de Verre

29 novembre 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Les Inaccoutumés battent leur plein à La Ménagerie de Verre, et hier soir se donnait la très décevante première de Nature in irl de Mårten Spångberg. Et pourtant, sur le papier, cela démarrait bien.

« Mårten Spångberg est un artiste, chorégraphe et théoricien qui vit et travaille entre Bruxelles et Stockholm » nous dit la bible du spectacle. On entre dans la Ménagerie comme dans une pièce de Vincent Macaigne. Il y a de la musique à fond (« Lean On » de Major Lazer) entrecoupée de sons de corne de brume. Le public est partout, entourant la scène. Et sur le plateau, recouvert de feuilles mortes, les danseurs sont déjà en place, habillés avec des vêtements trop grands. Ils dansent en rang, proche de nous, à la façon des choristes d’Aluna George. Le postulat de départ est formidable. On parle ici de la sur-consommation. Pertinent au moment où un site web décompte les morts liés au black-friday. Les pubs sont diffusées en flux continu sur le mur, au sol les paquets de chips croisent les packs de bière.La mal-bouffe résonne avec le faux luxe des campagnes des grandes marques.

L’image aurait suffi. Le problème c’est qu’elle traîne sans choisir son camps. Ni subversif, ni violent, ni contemplatif, ni drôle,  ni beau, ni laid. Rien, il ne se passe rien.  Et pourtant, encore une fois, sur le papier, on votait oui. Aucun frein ne nous bloque face à la non danse et la performance, ce rejet n’est pas un postulat. Bien au contraire. Mais la sensation de déjà-vu est trop violente. Les karaokés kitsch tellement utilisés, notamment à la Ménagerie (Capdevielle), les images de sexe désabusées qui sont la marque de fabrique de Mette Ingvartsen ne percutent pas. Non plus l’idée d’étirer le temps, la pièce dure 3H30 sans entracte, mais avec une tentative de libre circulation, elle aussi souvent travaillée et souvent avec succès ( Jan Fabre, Mont Olympus).

L’idée d’un spectacle libre et ouvert, où le spectateur choisit son parcours est un classique de la performance mais ici, à trop accumuler, Mårten Spångberg ne collecte que l’ennui.

Visuel : DR

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

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