Danse
La leçon de géométrie d’Aurélien Bory

La leçon de géométrie d’Aurélien Bory

21 décembre 2012 | PAR Ainhoa Jean Calmettes

Dix ans après la création de Plan B, Aurélien Bory revient à Paris mettre en scène cette pièce qui marqua le lancement de sa carrière internationale. Partition pour quatre danseurs et un plan géométrique, ce spectacle inclassable explore avec humour et poésie les contraintes géométriques de notre espace tridimensionnel. Un beau cadeau de Noël pour toute la famille.

Le vrai héros de Plan B c’est ce plan géométrique imposant qui se dessine sur la scène. Incliné, dressé de toute sa hauteur ou écrasé au sol, il ouvre aux quatre danseurs qui se confrontent à lui un espace infini de jeu. Contrainte physique, il offre aussi avec malice les moyens de s’en détacher à force d’excroissances et d’interstices qu’il creuse ou gonfle en lui-même.

Il faut un temps à ces quatre danseurs en costume gris pour prendre la mesure de l’ampleur du répertoire de chorégraphies que ce plan permet. Disciplinés, ils se contentent un temps de glisser sur cette paroi qui change d’apparence au rythme des projections vidéo dont elle est le support. Des marches soudain apparaissent, et la pesanteur, inversement semble s’effacer. Grisés par cette nouvelle liberté, les mouvements s’affolent dans une confusion joyeuse. Mais le plan évolue à nouveau. Une fois de plus, les danseurs s’adaptent docilement avant de lancer l’offensive.

Mélangeant les registres, les disciplines et les genres, aux confins du théâtre, de la danse et des nouveaux arts du cirque, Plan B est une pièce inclassable qui s’invite dans des univers aussi divers que ceux du jeu vidéo, du combat de Kung Fu ou du voyage dans l’espace. Et c’est sans doute cette surprise, réactivée à chaque instant, l’impossibilité à prévoir ce qui se passera par la suite qui rend ce spectacle si passionnant. Les rires fusent partout dans la salle et à la fin de la représentation, les yeux des spectateurs sont remplis d’étoiles et un sourire flotte sur leurs lèvres. Impossible à définir, l’univers d’Aurélien Bory et son humour tendre ont séduit au Rond-Point les grands comme les petits.

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Ainhoa Jean Calmettes

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