Danse

Pina Baush : dernier hommage

02 juillet 2009 | PAR Charlotte

Pina Bausch est morte mardi 30 juin à l’âge de 68 ans alors qu’elle était encore dimanche dernier sur scène, à l’Opéra de Wuppertal. Sa compagnie, composée d’une quarantaine de danseurs et danseuses est désormais orpheline, tout comme ses innombrables admirateurs.
Philippina Baush, dit Pina a grandi en Allemagne dans la Ruhr dans l’agitation permanente de l’hôtel-restaurant-café que tenaient ses pina bauschparents. Elle s’inspirera de ces instants de vie pour  nourrir son œuvre dont l’extraordinaire «  Café Müller » qui retranscrit avec une force troublante le concentré de destinées qui se jouent près d’un comptoir entre un homme et une femme, entre l’abandon et le désir. Tour à tour princesse aveugle pour Fellini, porte-parole – à l’aide de ce long corps osseux – de la condition féminine, muse d’Almoldovar ou encore véritable révélatrice de grâce féroce dans « Orphée et Eurydice », « Iphigénie en Tauride » et « le Sacre du Printemps », Pina Bausch a littéralement bouleversé les codes de la danse. pina bausch
La chorégraphe n’avait pas 15 ans lorsqu’elle intégra une école d’art pluridisciplinaire qui révéla immédiatement son potentiel créatif incomparable. Elle rejoignit New-York où elle triompha, mais ne résista pas au besoin de retourner en Allemagne afin de diriger la compagnie de l’école qui l’avait formée. Et l’école dépasse le maître.
Encensée par les critiques, voguant de succès en succès Pina s’essaiera même à la réalisation avec son seul et unique film : «  La Plainte de l’Impératrice » en 1989, véritable hommage à la Nature. Mais la rigidité de la caméra ne lui convient pas ; ce qui fait vraiment vibrer la chorégraphe, c’est la jouissance du mouvement.
En 1973, elle prend en main la compagnie de danse classique de l’Opéra de Wuppertal et réalise ses plus belles créations telles que «  Barbe Bleue » ou « les 7 pêchés capitaux » dont le fil rouge sera inlassablement le thème de la victime bafouée, abusée par le monde et les hommes.
Elle conservera ce poste jusqu’à sa mort mais demeurera la nomade qu’elle a toujours été en s’expatriant le temps de quelques représentations aux quatre coins du monde, y puisant inspiration et force. Son passage annuel au Théâtre de Paris faisait toujours salle comble. Et pour la première fois depuis 30 ans, sa grâce audacieuse et son talent effronté manqueront terriblement sur scène.

Pendant tout le mois de novembre 2009, le Théâtre de la Ville célébrera ses trente ans d’amour avec Pina Bausch : films, rencontres, expositions et interventions d’autres artistes… Le Tanztheater de Wuppertal présent à Paris pour les représentations (maintenues aux dates prévues du 11 au 28 novembre 2009) de Vollmond et Masurca Fogo, et toute l’équipe du Théâtre de la Ville salueront ainsi son parcours d’artiste au-delà de toute norme.

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Charlotte

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