Danse

[Paris Quartier d’Eté] La performance extatique d’Anne Teresa de Keersmaeker

[Paris Quartier d’Eté] La performance extatique d’Anne Teresa de Keersmaeker

15 juillet 2015 | PAR Araso

Après l’inoubliable Golden Hours (As you like it) donné au Théâtre de la Ville du 13 au 21 Juin 2015, Anne Teresa de Keersmaeker revient grâce à Paris Quartier d’Eté.  Une occasion unique donné au public parisien de revoir Violin Phase, Part 3 of Fase, Four movements to the music of Steve Reich créé en 1982. C’était ce 14 Juillet en l’Eglise Saint-Eustache, trois performances de dix-sept minutes dans un cadre inoubliable, Rosas entre les rosaces.

Au cœur de l’Eglise Saint-Eustache autour d’une scène d’un sable blanc munificent, l’assemblée – qui a attendu plusieurs heures au soleil pour assister à ces quelques instants de performance hypnotique, retient son souffle dans le silence en attendant l’entrée d’Anne Teresa de Keersmaeker. Le magnétisme de la chorégraphe est tel que son aura la précède, le temps est comme suspendu. Son entrée s’effectue dans la précision et la concentration absolue. Elle est vêtue d’une robe de couleur chair, celle de la pierre des piliers de l’église, de la toile revêtant l’autel. Le tableau est olympien. Le silence, l’inspiration, puis la musique. D’une élégance absolue, d’une majesté à couper le souffle, Anne Teresa se meut autour de l’axe invisible de sa colonne d’air décrivant une rosace de ses pieds blanc dans le sable immaculé.  La magie opère sans que l’on s’en aperçoive, Anne Teresa expire et le chef d’œuvre est accompli. A voir son vêtement s’enrouler autour d’elle, on croit apercevoir l’espace d’un instant le spectre de Loïe Fuller et sa danse serpentine, le minimalisme et l’extrême exactitude du geste en plus.

Il est difficile d’expliquer pourquoi ces dix-sept minutes de performance comptent parmi les spectacles qui ont marqué à jamais l’histoire de la danse, si ce n’est par l’évidence même. La pensée qui précède le geste, cette fascinante nécessité de se mouvoir qui seule anime le corps en font une œuvre imposante, transcendant toute conceptualisation. Ce qui se produisit ce soir sur scène était de l’ordre du tangible, de ce qui parle à ce qu’il y a de plus humain, de plus vivant, de plus sensible en chacun d’entre nous. L’émotion  magnifiée par la théâtralité du lieu et son architecture prédestinée a achevé de graver à jamais Violin Phase dans la mémoire collective.

Le festival se poursuit jusqu’au 9 août.

Araso.

Visuel : © Thierry de Mey

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One thought on “[Paris Quartier d’Eté] La performance extatique d’Anne Teresa de Keersmaeker”

Commentaire(s)

  • Bonjour,
    Merci pour ce partage.
    Il doit me manquer quelques subtilités, mais le sublime ne transcende t’il pas ? Et donc nul besoin de subtilités.

    Cordialement

    juillet 15, 2015 at 10 h 00 min

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