Danse
« Opening Night », there is no business like show !

« Opening Night », there is no business like show !

12 février 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

On retrouvait hier le frenchie Mark Tompkins pour une date, et une seule de l’excellent Opening Night, a vaudeville, dont on vous louait déjà les mérites en 2013, deuxième partie de sa trilogie qui compte également Black n’Blues et ShowTime En vrai chanteur de cabaret de province, il aura posé pour only one nigth ses valises à la Gaité Lyrique dans le cadre du Hors Saison d’Arcadi.

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On retrouve le rideau rouge pailleté que l’on avait délicieusement adoré dans Showtime récemment au Théâtre Paris Villette, et derrière lui, un Mark Tompinks traveloté en desperate houswife qui repasse, repasse devant son fils Junior qui préférerait devenir pompier plutôt que star. Quel affront pour la drama queen qu’est Tompkins ! Il faut apprendre la vie à Junior, campé ici par Mathieu Grenier, danseur formé à ex.e.r.ce ( école mise en place par Mathilde Monnier au CCN de Montpellier)

Alors, devant nos yeux ébahis et dans un éclat de rire qui ne fera que grandir, nous assistons à un cours de cabaret. Sommes-nous dans le futur de Junior ? On ne sait pas, peut-être. Qu’importe, tours de magie, danseuse orientale fort gay, crooneurs beaufs, tout y passe, sans que cela déconcentre la régie son ou le technicien plateau, qui tous deux passent et repassent avec désinvolture.

Dans un texte « franglais », les deux comédiens chantent, dansent, et se rient du système. Il y a de l’acidité là-dedans, loin de toute sorte de « potacherie ». On y voit les espoirs fous d’une mère déréalisée et les affres de la vie de bohème. Il n’y a pas de business comme le show-business fredonnent-ils sans cesse, rappelant au passage qu’ils sont d’excellents chanteurs, danseurs et transformistes.

Cet Opening Night vient interroger les faux-semblants. On y trouve toujours la question du « genre » malheureusement actuelle, ici traitée comme il se doit, avec la tendresse de la bienveillance. Dans ce show, comme dans tout bon show, on se laisse emporter. Cette forme parodique redonne à voir des numéros oubliés tel celui-là inspiré des Marx Brothers ou tel passage « pharaonique ». Tompkins mêle les époques en faisant surgir la voix de Beyoncé qui nous ramène d’un coup dans le présent. Il vient dire la difficulté de créer un spectacle, d’arriver jusqu’à l’Opening Nigth, en espérant, et c’est le tube incontestable du spectacle que ce ne soit pas juste pour « Only one nigth. », ce serait dommage.

Opening Night vient nous informer sur ce qu’est le Vaudeville à l’américaine, un geste lié à l’arrivée des Juifs d’Europe de l’est à New-York (1880-1930), un art faussement léger, où s’enchaînent les acides caricatures, où il faut rire pour ne pas pleurer face à la misère. Comme Mark Tompkins le dit lui même, c’est du Vaudeville qu’est né « Le concept américain d’entertainment de masse ».

Opening Nigth a vaudeville, 20 juin 2014 au CNCDC Châteauvallon

Visuel : © Raoul Gilibert

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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