Danse
« Omphalos » au festival du TNB : beau mais long

« Omphalos » au festival du TNB : beau mais long

13 novembre 2019 | PAR Julia Wahl

Damien Jalet présente au festival du TNB une nouvelle réflexion chorégraphique sur notre rapport à l’univers.

Une salle entièrement plongée dans le noir, dans une obscurité qui nous fait perdre tout repère géographique : quelle est la profondeur de la salle ? Quelles sont ses dimensions ? Autant de questions auxquelles nous ne pouvons répondre.

Au fond de cette obscurité, toutefois, nous distinguons un point lumineux en forme d’œil ou d’amande. A quelle distance de nous est-il ? Il semble extraordinairement loin. Il se transforme soudain en une longue traînée lumineuse happée progressivement par un ciel aux limites confuses. Enfin, ce qui servira de plateau arrive.

Cratère, soucoupe ou parabole ? C’est sans doute un peu tout cela qu’incarnera ce rond plateau convexe et incliné qui, tout au long du spectacle, tournera sur lui-même avec une régularité parfaite.

Réflexion sur le temps et l’espace, influencée par les mythes précolombiens sur le « nombril du monde » – c’est là le sens du mot « omphalos » – la pièce de Damien Jallet impressionne surtout par sa scénographie démesurée. La chorégraphie, qui scinde les vingt danseurs en un groupe de quatre incarnant les points cardinaux et un autre de seize symbolisant le temps, semble essentiellement faite pour mettre en valeur ce décor monstrueux, signé Jorge Ballina. La naissance de ces derniers, qui sortent du cratère vêtus de combinaisons évoquant la glaise, nous donne le même vertige qu’une rencontre avec un Adam sortant de la Terre. Des costumes simples et élastiques, conçus par Jean-Paul Lespagnard, qui tranchent avec les tenues de cosmonautes des Points cardinaux.

La chorégraphie des représentations du Temps, empreinte à son tour de circularité, s’oppose volontiers à la verticalité des Points cardinaux. Mais cette bipartition peu subtile, qui distingue de façon hermétique les uns des autres, a raison de l’attention du lecteur. La succession un peu sage des tableaux et des scènes, sans surprise, finit par ennuyer. Une belle scénographie, donc, mais un spectacle un peu trop long.

 

Visuel : Lugo

 

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Julia Wahl
Professeure de lettres durant dix ans, chargée de production de diverses compagnies de danse ou de théâtre, chargée d'action culturelle et des relations publiques... Tout ce qui a trait à la promotion de la culture et au développement de ses publics me passionne. Parce que l'on ne peut voir un spectacle sans vouloir transmettre ses émotions, je chronique régulièrement le cinéma, le théâtre et la politique culturelle pour Toute la Culture.

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